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ETATS-UNIS,
FIL-INFO-ETATS-UNIS ©, 2004, ARCHIVES, MAI 2004



Samedi 1er mai 2004 : La Commission des Affaires Etrangères du Sénat américain a voté à l'unanimité jeudi pour confirmer John Negroponte comme premier ambassadeur des Etats-Unis dans l'Irak de l'après-Saddam Hussein. John Dimitri Negroponte, 65 ans, actuel représentant de Washington aux Nations Unies et proche du secrétaire d'Etat Colin Powell, avait été nommé à ce poste par le président George W. Bush le 19 avril 2004. Il entrera en fonction après le transfert d'autorité à un gouvernement provisoire irakien le 30 juin 2004, à la tête de la plus grande ambassade américaine dans le monde, avec un personnel de 1 700 personnes dont 1 000 Américains et 700 Irakiens. ** A Washington, le sénateur démocrate Ted Kennedy a estimé que la guerre en Irak "pourrait bien passer comme la pire bévue de l'Histoire de la diplomatie américaine". Selon lui, "l'Irak est le Vietnam de George Bush". ** Le porte-parole de l'ONU à New York, Fred Ekhardt, a indiqué vendredi que le Secrétaire général Kofi Annan avait été "extrêmement perturbé" par les images diffusées dans les médias sur les humiliations et les mauvais traitements qu'ont fait subir leurs gardiens américains à des prisonniers irakiens. Le Secrétaire général "espère qu'il s'agit d'actes isolés et se félicite de ce que les forces militaires américaines semblent déterminer à traduire les responsables en justice et à prévenir de tels abus à l'avenir". ** Le département d’Etat a publié vendredi son rapport annuel intitulé "Les modes du terrorisme au monde en 2003". Il qualifie pour la première fois d’actes terroristes l’enlèvement des ressortissants japonais par des agents secrets nord-coréens dans les années 70 à 80. La Corée du Nord reste sur la liste noire des Etats-Unis des pays soutenant le terrorisme qui comprend 6 pays : Corée du Nord, Cuba, Iran, Liban, Soudan et Syrie. Ce rapport félicite plusieurs pays africains pour leur lutte contre le terrorisme en coopération avec les Etats-Unis et rapporte que le Mali, le Botswana, le Ghana, le Kenya et le Soudan ont signé les 12 conventions internationales relatives à la lutte contre le terrorisme qui permet aux agents spéciaux américains d'agir dans ces pays comme sur le sol américain. ** L'organisation américaine Freedom House a publié mercredi une étude selon laquelle la liberté de la presse dans le monde s'est détériorée en 2003 pour la deuxième année consécutive notamment en Italie, en Russie et en Bolivie. Le rapport examine la liberté de la presse écrite, audiovisuelle et en ligne dans le monde et établit trois catégories de pays : ceux ayant une presse libre, partiellement libre ou réprimée. 10 pays (Bolivie, Bulgarie, Cap Vert, Gabon, Guatemala, Guinée-Bissau, Italie, Moldavie, Maroc et Philippines) ont rétrogradé tandis que le Kenya et la Sierra Leone passaient de la troisième à la deuxième catégorie. Selon la directrice exécutive de l'organisation, Jennifer Windsor, "de moins en moins de gens dans le monde ont dans leur pays accès à une information libre de toute censure". Sur les 193 pays examinés, 73, représentant 17 % de la population mondiale, sont considérés comme respectant la liberté de la presse. 49 pays, représentant 40 % de la population mondiale, ont une presse partiellement libre, et 71 (43 % de la population mondiale) n'ont pas de presse libre.

Lundi 3 mai 2004 : Après la diffusion mercredi par la chaîne de télévision CBS de photos de prisonniers irakiens maltraités et humiliés par des soldats américains, la générale chargée du système pénitenciaire militaire américain en Irak, Janis Karpinski, suspendue de ses fonctions, a déclaré dans une interview au quotidien "New York Times" dimanche que "les officiers du renseignement militaire pourraient avoir encouragé ces violations des droits des prisonniers". Elle a ajouté que la partie de la prison d'Abou Ghraib où a eu lieu ces maltraitances n'était pas sous le contrôle de ses services mais sous celui des services de renseignements de l'armée de terre, les militaires de réserve sous son autorité sont des réservistes qui n'ont aucune connaissance du droit international de la guerre et relatif aux prisonniers de guerre et n'auraient donc pas pu ordonner de tels sévices. L'armée américaine déployée en Irak compte 40 % de réservistes mais aussi des mercenaires. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch, certains sévices auraient été commis non pas par des soldats, mais par des mercenaires qui échappent ainsi aux lois de la guerre et à toutes les conventions de Genève.

Mardi 4 mai 2004 : 6 militaires américains, officiers de haut rang et simples soldats, ont reçu un blâme écrit à la suite de l'enquête sur des mauvais traitements infligés à des prisonniers irakiens. Cette réprimande est la plus haute prévue par l'armée américaine. Elle ouvre la voie à leur éviction de l'armée. Un septième officier a reçu une réprimande écrite moins sévère. Parmi les militaires réprimandés figure la générale Janis Karpinski, chargée des centre de détention en Irak. Le "Los Angeles Times" avait publié des extraits d'un rapport de l'armée américaine dénonçant le caractère "systématique" de ces exactions. Le général Antonio Taguba écrit dans son rapport : "Entre octobre et décembre 2003, à la prison d'Abou Gharib, de nombreux sévices sadiques, flagrants et gratuits ont été infligés à plusieurs détenus. Ces sévices systématiques et illégaux sur des détenus ont été commis de manière intentionnelle par plusieurs membres de la police militaire". Le rapport relève toute une série de sévices : des soldats américains ont "frappé" et "sauté sur les pieds nus" des prisonniers, "utilisé des chiens sans muselière pour faire peur aux détenus", "sodomisé un détenu", "menacé les détenus masculins de viol", etc.

Mercredi 5 mai 2004 : 60 anciens diplomates américains ont signé une lettre adressée à George W. Bush pour dénoncer le "soutien sans bornes" du président américain au Premier ministre israélien Ariel Sharon qui coûte aux Etats-Unis "leur crédibilité, leur prestige et leurs amis" et se sont dits très préoccupés par le soutien accordé le 14 avril 2004 par George W. Bush au plan unilatéral d'Ariel Sharon qui "bafoue les droits de 3 millions de Palestiniens, nie le droit des réfugiés à rentrer sur leur terre et conserve cinq importants blocs d'implantations en Cisjordanie". Les anciens diplomates estiment en outre que les efforts diplomatiques américains des derniers mois se sont concentrés uniquement sur les Israéliens, ignorant les Palestiniens. "En fermant la porte aux négociations avec les Palestiniens et à la possibilité d'un Etat palestinien vous avez prouvé que les Etats-Unis ne sont pas un partenaire de paix impartial" ont-ils conclu. ** Le Quartette (Etats-Unis, Union Européenne, ONU, Russie), à l'origine du Plan de règlement de la question israélo-palestinienne appelée Feuille de route, réuni mardi au siège de l'ONU à New York, a publié un communiqué indiquant qu'il "salue et encourage (le plan Sharon de retrait unilatéral de la Bande de Gaza) qui offre une occasion rare dans la recherche de la paix au Proche-Orient". Il a souligné que "tout règlement définitif de questions telles que celles du tracé des frontières et du destin des réfugiés devait faire l'objet d'un accord mutuel israélo-palestinien".

Jeudi 6 mai 2004 : Lors de 2 interviews séparées mercredi auprès des chaînes de télévision arabes, Al Hurra et Al-Arabiya, le président Bush a qualifié "d'actes odieux" les sévices commis à l'encontre des prisonniers irakiens dans la prison Abou Gharib à Bagdad. Il a indiqué qu'une enquête sera ouverte et les responsables traduits en justice ajoutant qu'il s'agit "d'une affaire grave, qui montre notre pays sous un mauvais jour". Le président américain n'a toutefois pas présenté ses excuses. Il a renouvelé sa confiance au secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld dont plusieurs sénateurs demandent la démission "faute de réponses adéquates sur le dossier". ** L'ONG Save The Children a publié mardi son rapport annuel sur les risques des grossesses précoces. Sur les 119 pays étudiés les 10 pays les plus touchés sont le Mali, le Niger, le Libéria (où 1 enfant sur 6 né d'une mère adolescente meurt avant son premier anniversaire), le Tchad, l'Ouganda, le Malawi, la Guinée, le Mozambique et la Centrafrique. Chaque année un million d'enfants né d'adolescentes et 70 000 jeunes filles de 15 à 19 ans meurent dans le monde. L'ONG appelle les pays à prendre des mesures contre ces grossesses précoces en assurant l'éducation de ces jeunes filles et en interdisant le mariage des mineures qui ne sont pas prêtes physiquement pour la maternité. Parmi les pays industrialisés, les Etats-Unis sont le premier pays à risque pour les grossesses adolescentes, devant la Russie et la Nouvelle-Zélande. Voir le rapport (format pdf en anglais) ** L'ancien ministre espagnol de l'Economie, Rodrigo Rato, a été nommé pour un mandat de 5 ans à la tête du Fonds monétaire international (FMI) succèdant à l'Allemand Horst Köhler, qui a démissionné en mars pour postuler à la présidence allemande. ** Depuis dimanche, des milliers de pompiers sont mobilisés pour combattre les incendies à l'origine indéterminée qui touchent le sud de la Californie et notamment les comtés de Los Angeles, Riverside, San Diego et Santa Barbara. 6 600 hectares ont déjà été détruits. Plusieurs milliers d'habitants ont été évacués de leur domicile.

Vendredi 7 mai 2004 : Le roi Abdallah II de Jordanie a été reçu jeudi par le président Bush qui a, lors de la conférence de presse conjointe, "présenté ses excuses pour les sévices infligés à des prisonniers irakiens par des militaires américains". Il a également fustigé le secrétaire d'Etat à la défense Ronald Rumsfeld pour ne pas l'avoir informé plus tôt des rapports faisant état de violations des droits humains dans les prisons irakiennes. Il a toutefois renouvelé sa confiance en Ronald Rumsfeld et indiqué qu'il resterait à son poste. ** Le Sénat a confirmé la nomination de John Negroponte, actuellement représentant américain auprès de l'ONU, comme premier ambassadeur des Etats-Unis en Irak avec 95 voix pour et 3 contre. Le président Bush avait nommé John Negroponte le 19 avril 2004. ** La Chambre des Représentants, à majorité républicaine, a voté jeudi une résolution avec 365 voix pour et 50 contre, condamnant les sévices infligés à des prisonniers irakiens par des militaires américains. Le texte demande au département de la Défense de sanctionner immédiatement tous les coupables. ** Le président Bush a demandé au Congrès une rallonge de 25 millions de dollars pour financer la poursuite des opérations militaires en Irak. ** Des hauts responsables militaires américains ont indiqué mardi que 35 enquêtes ont été ouvertes sur des allégations d'abus sur des prisonniers en Irak et en Afghanistan. ** Le "Garçon à la pipe" de Picasso a atteint mercredi soir le prix record de 104,168 millions de dollars chez Sotheby's à New York.

Samedi 8 mai 2004 : Le secrétaire d'Etat à la Défense, Donald Rumsfeld, a été entendu vendredi par la Commission des Forces Armées du Sénat au sujet des sévices commis à l'encontre des prisonniers irakiens dans la prison Abou Gharib à Bagdad en Irak. Donald Rumsfeld a présenté ses excuses tout en réaffirmant qu'il ne démissionnerait pas et a accusé "certaines personnes de vouloir exploiter politiquement cette affaire". Il a annoncé la création d'une commission d'enquête et le versement de compensations. ** La Maison-Blanche a annoncé vendredi que la conseillère américaine à la Sécurité nationale, Condoleezza Rice, recevra le 14 mai 2004, en Allemagne, le premier ministre palestinien Ahmed Qoreï à qui elle remettra une lettre du président Bush indiquant que "toutes les questions liées au règlement permanent du conflit entre Israël et les Palestiniens doivent être traitées entre les deux parties." ONU : L'Assemblée générale des Nations-Unies a voté vendredi à une écrasante majorité une résolution confirmant aux Palestiniens la souveraineté totale sur la Judée et la Samarie, (Cisjordanie), la bande de Gaza et le quartier est de Jérusalem, considérant ces régions comme des "territoires palestiniens soumis à l’occupation militaire d’Israël". Dans la même résolution, elle affirme que, conformément aux règles et principes du droit international et aux résolutions pertinentes des Nations Unies y compris du Conseil de sécurité, le peuple palestinien a le droit de disposer de lui-même et d'exercer sa souveraineté sur son territoire et qu'Israël, la puissance occupante, n'a que les devoirs et les obligations qui incombent à une puissance occupante aux termes de la Convention de Genève et de la Convention de la Haye. 6 pays (Israël, Etats-Unis, Iles Marshall, Micronésie, Nauru et Palao) ont voté contre cette résolution et 11 se sont abstenus (Australie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Pérou, République dominicaine, Serbie-et-Monténégro, Iles Salomon, Tonga et Tuvalu.)

Lundi 10 mai 2004 :
Le CICR a indiqué que "les mauvais traitements et humiliations infligés aux prisonniers irakiens relèvent d'un système coordonné". Cette déclaration s'oppose ainsi aux propos du président Bush, qui avait déclaré au lendemain de la révélation des sévices infligés aux prisonniers irakiens selon lesquelles, ces "gestes étaient isolés et ne sont le fait que d'un petit nombre de soldats américains". Le Wall Street Journal a publié vendredi une copie d'un rapport confidientiel du CICR, remis en février 2004 aux autorités américaines, qui indique que la Croix-Rouge avait été informée "de nombreux actes similaires commis dans des endroits différents sur une certaine période de temps". Ce rapport, basé sur les 29 visites effectuées par les délégués dans 14 prisons irakiennes entre mars et octobre 2003, décrit en 24 pages les agissements à la prison d'Abou Ghraib, près de Bagdad, et dans d'autres lieux de détention en Irak : des prisonniers ont été gardés sans vêtements dans le noir total dans des cellules vides, ou des hommes ont été contraints à parader en sous-vêtements féminins. A Bassorah, zone sous contrôle britannique, 9 hommes ont été si durement battus durant leur arrestation que l'un d'entre eux en est mort.

Mardi 11 mai 2004 :
Selon des sources au Congrès, le président Bush envisage de prendre des sanctions à l'encontre de la Syrie dans le courant de la semaine accusée par l'administration américaine de soutenir le terrorisme. Le président Bush avait, au cours d'un entretien au journal égyptien Al-Ahram International, indiqué : "Nous leur avons demandé de faire certaines choses et ils n'ont pas répondu". 3 sanctions sont envisagées : l'interdiction aux avions syriens de se poser ou d'atterrir aux Etats-Unis, l'interdiction de nouveaux investissements de compagnies pétrolières américaines en Syrie et l'interdiction des exportations américaines vers la Syrie. Les médicaments et les denrées alimentaires ne sont pas concernées par ces mesures. ** En déplacement à Washington pour une réunion du G8, le ministre français de la Justice, Dominique Perben, doit rencontrer son homologue américain John Ashcroft. Le sort des 7 Français détenus sur la base américaine de Guantanamo Bay à Cuba devrait été abordé par les 2 hommes.

Mercredi 12 mai 2004 : Après la diffusion de la décapitation d'un Américain, le porte-parole de la Maison Blanche Scott McClellan a déclaré, à Little Rock dans l'état de l'Arkansas où le président Bush poursuit sa campagne électorale, "cet assassinat montre la vraie nature des ennemis de la liberté. Ils n'ont aucun égard pour la vie d'hommes, de femmes et d'enfants innocents. Nous poursuivrons ceux qui sont responsables et les traduirons en justice". ** Le Sénat a adopté lundi une résolution condamnant les sévices infligés à des prisonniers irakiens par des soldats américains et présentant des excuses aux victimes précisant que les soldats américains, coupables de mauvais traitements contre des prisonniers irakiens, devraient comparaître devant un tribunal pour leurs actions.

Jeudi 13 mai 2004 : La décapitation d'un homme d'affaires indépendant de 26 ans, Nick Berg a provoqué "l'horreur et l'indignation" au sein de la communauté internationale. La presse américaine a censuré les images de cette décapitation par "respect aux victimes et à leur famille". Or beaucoup ont critiqué cette censure, ne manquant pas de demander pourquoi les photos des prisonniers irakiens humiliés étaient présentés à la une de tous les journaux. Le père du jeune homme décapité a déclaré : "Je pense que beaucoup de personnes en ont assez du manque de droit civiques que cette chose (la guerre) a causé. Je ne pense pas que ce gouvernement respecte la démocratie". Selon une source officielle américaine s'exprimant sous couvert d'anonymat, Nick Berg était en Irak "de son plein gré" et avait refusé de quitter le pays comme le lui demandaient les autorités américaines à Bagdad. Washington a remis pour 3 heures seulement aux sénateurs, réunis à huis clos, d'autres photos des sévices infligés aux prisonniers irakiens. Plusieurs sénateurs ont indiqué avoir du mal à croire que de simples soldats aient choisi d'eux-mêmes d'infliger des sévices sexuels. Selon la sénatrice Susan Collins, "cela implique une trop bonne connaissance de ce qui est particulièrement humiliant pour des prisonniers musulmans" accusant les services de renseignements américains ou "des gens plus hauts placés dans la chaîne de commandement" d'être impliqués dans ces méthodes d'humiliation.

Vendredi 14 mai 2004 : Washington a signé lundi la Convention-cadre pour la lutte antitabac. Premier traité international de lutte contre le tabac et premier traité négocié par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Convention vise à réduire le nombre des décès et maladies liées au tabac à travers le monde. Adoptée le 21 mai 2003 au cours de l'Assemblée mondiale de la santé à Genève, la Convention a été signée par 109 Etats, dont 12 sont devenus parties. Pour qu'elle entre en vigueur, il faut que 40 Etats aient achevé la procédure nationale de ratification, d'adoption ou d'adhésion.

Lundi 17 mai 2004 : L'hebdomadaire "The New Yorker" a annoncé dans son édition de lundi que le secrétaire d'Etat à la défense Donald Rumsfeld a autorisé un programme secret encourageant la coercition physique et l'humiliation sexuelle des prisonniers pour obtenir des renseignements sur la résistance irakienne se basant sur des témoignages de responsables actuels et anciens du renseignement américain ayant requis l'anonymat. Le Pentagone a aussitôt démenti ces assertions qualifiant l'article de "saugrenu". ** George W. Bush a déclaré samedi dans son allocution radio hebdomadaire que les troupes américaines resteraient en Irak après le transfert de souveraineté le 30 juin contredisant la déclaration de l'administrateur civil en Irak Paul Bremer qui avait indiqué que les troupes américaines se retireraient si le gouvernement irakien le demandait. ** Dans une interview à la chaine de télévision NBC, le secrétaire d'Etat Colin Powell a présenté ses excuses pour les sévices infligés aux prisonniers irakiens torturés à la prison d'Abou Graïb en Irak. ** Le Pentagone a indiqué vendredi qu'il est désormais interdit aux personnels des prisons en Irak de priver les prisonniers de sommeil, de les menacer avec des chiens policiers ou de les soumettre à des positions douloureuses pendant plus de 45 minutes.

Mardi 18 mai 2004 : Le Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, a exhorté Israël à cesser la démolition des maisons situées près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Kofi Annan a affirmé que ceci allait à l'encontre du droit international et faisait obstacle au travail de l'ONU dans la zone. Selon des chiffres de l'UNRWA, l'Office de secours et de travaux de l'ONU pour les réfugiés de Palestine, 12 600 Palestiniens du camp de Rafah se retrouvent sans-abri après la démolition de leur domicile par l'armée israélienne depuis le début de la seconde intifada. ** Christophe Girod, chef du bureau du CICR à Washington, a annoncé lundi qu'il allait démissionner de son poste "pour raisons personnelles" après avoir passé 17 ans au sein de cette organisation qui a nié que cette démission était liée aux sévices infligés aux prisonniers irakiens. ** Le Massachusetts est devenu lundi le premier Etat du pays à légaliser le mariage des homosexuels. Les Pays-Bas, la Belgique et 3 provinces canadiennes accordent le mariage aux couples homosexuels.

Jeudi 20 mai 2004 : Dans un communiqué publié mercredi, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a "condamné fermement la mort et les blessures infligées à des manifestants palestiniens dans le sud de Gaza" après qu'une dizaine de Palestiniens aient été tués et plus de 50 blessés par des tirs de missiles depuis un hélicoptère Apache israélien sur des manifestants dans un quartier du camp de réfugiés de Rafah. "La mort de manifestants pacifiques, dont de nombreux femmes et enfants, a bouleversé le secrétaire général", poursuit le communiqué qui ajoute que "le secrétaire général a, à plusieurs reprises, mis en garde Israël, y compris hier (mardi) via son envoyé spécial au Proche-Orient, qu'il était tenu par ses obligations en tant que puissance occupante, de protéger la population civile et de s'abstenir de recourir à l'emploi disproportionné et aveugle de la force". ** La Commission des forces armées du Sénat à Washington a entendu mercredi dans une séance publique le général John Abizaïd (chef du commandement central en Irak), le général Ricardo Sanchez (commandant des forces américaines en Irak) et le général Geoffrey Miller (chef des prisons irakiennes après avoir commandé celles de Guantanamo), qui maintiennent que les sévices infligés à des prisonniers irakiens dans la prison d'Abou Graïb à Bagdad ne sont que "des incidents isolés qu'ils n'ont jamais ordonnés ni approuvés". Ils ont dénoncé les articles parus dans le "Wall Street Journal" et "New York Times" selon lesquels après des rapports de la Croix-Rouge sur les mauvais traitements infligés aux prisonniers datant de plus d'un an, les forces américaines ont tout simplement empêché les membres de la Croix Rouge d'effectuer des visites surprises à Abou Graïb allant même jusqu'à affirmer que "le rapport n'est jamais monté jusqu'à eux" soutenant "la lenteur dans la chaîne de commandement". "USA Today" accuse le général Sanchez d'avoir par écrit autorisé des mesures de privation de sommeil et d'intimidation avec des chiens envers certains détenus.

Vendredi 21 mai 2004 : Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté mercredi soir une résolution appelant Israël à arrêter les démolitions de maisons palestiniennes à Rafah et condamnant les meurtres de civils. Les Etats-Unis se sont abstenus sans toutefois opposer leur veto. ** Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a nommé mercredi l'Ambassadeur d'Espagne à Washington, Javier Ruperez, ancien otage de l'organisation basque ETA en 1979, au poste de Directeur exécutif du Comité contre le terrorisme de l'ONU. ** La Chambre des représentants, à majorité républicaine, a adopté jeudi par 391 voix pour et 34 contre un projet de budget de la défense record de 422 milliards de dollars pour l'année fiscale 2005, en hausse de 5,2 % par rapport à 2004, lui même en hausse. Le projet de budget voté par la Chambre comprend un amendement prévoyant de retarder de 2 ans des fermetures de bases militaires aux Etats-Unis jugées inutiles et qui étaient prévues pour l'année fiscale 2005 débutant le 1er octobre 2004. Le Pentagone estime qu'au moins 20% de ses bases et installations doivent être éliminer ce qui permettrait d'économiser des milliards de dollars. La Maison Blanche a menacé de mettre son veto à ce projet de budget, si cet amendement est maintenu dans la version finale approuvée par les 2 chambres du Congrès.

Samedi 22 mai 2004 : Un soldat américain, Camilo Mejia, 28 ans, a été reconnu coupable de désertion vendredi par une cour martiale et condamné à un an de prison. Porté disparu pendant 5 mois, il s'était rendu en mars 2004. Sa peine purgée, il sera radié de l'armée. Il a dit avoir désobéi aux ordres le sommant de regagner son unité après des "expériences" en Irak qui l'avaient incité à réclamer le statut d'objecteur de conscience. Il a raconté avoir été perturbé après avoir vu des civils touchés par des tirs et vu un enfant irakien mourir alors que l'on se disputait pour savoir quel médecin militaire devait le soigner. Dans sa demande du statut d'objecteur de conscience, il a témoigné sur des prisonniers irakiens traités avec cruauté en mai dernier à al-Assad, une ancienne base aérienne irakienne occupée par les forces américaines. Il a ajouté qu'il estimait qu'il aurait dû être déchargé de son poste dans le cadre d'un règlement de la Garde nationale limitant à 8 ans le service des citoyens non Américains. Camilo Mejia est citoyen du Costa Rica et du Nicaragua. ** Washington a présenté mercredi devant le Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution visant à exempter leurs troupes, pour un an supplémentaire, de poursuites devant la Cour Pénale internationale de justice de La Haye (CPI). Cette immunité lui avait été déjà acquise pour les années 2002 et 2003. Elle prévoit que "la CPI ne pourra engager aucune enquête ou poursuite concernant des responsables ou des personnels d’un Etat contributeur qui n’est pas partie au Statut de Rome à raison d’actes ou d’omissions liés à des opérations établies ou autorisées par l’ONU". Washington avait d'abord signé le traité de 1998 établissant la CPI avant de se rétracter et de refuser de le ratifier, craignant que ses soldats à l'étranger puissent être poursuivis pour crimes de guerre et avait depuis convaincu plus de 60 Etats de signer des accords bilatéraux d'immunité, menaçant notamment les réticents de leur couper toute assistance militaire. Voir notre édition du 13 juin 2003

Lundi 24 mai 2004 : Des responsables du Pentagone ont déclaré vendredi que l'armée avait ouvert des enquêtes sur la mort de 37 prisonniers détenus par des Américains en Irak et en Afghanistan depuis août 2002. 32 de ces décès se sont produits en Irak et 5 en Afghanistan. Sur 9 cas pour lesquels l'enquête se prolonge, 8 ont été classés comme de "possibles homicides" qui seraient le "résultat de violences avant ou pendant des interrogatoires", selon ces mêmes sources. ** Un responsable américain sous couvert d'anonymat a indiqué vendredi qu'Ahmad Chalabi, le dirigeant du Congrès national irakien, "a fait passer des renseignements sensibles à l'Iran susceptibles de mettre en danger la vie des Américains" et "qu'une enquête est en cours". Rappelons que jeudi, l'armée américaine avait procédé à des perquisitions à Bagdad au domicile et dans les bureaux d'Ahmad Chalabi qui était jusqu'alors le principal allié politique des Américains en Irak. ** Le Washington Post, citant les déclarations lors d'une audience du 2 avril d'un avocat militaire assurant la défense d'un soldat américain poursuivi pour sévices sur des prisonniers irakiens dans la prison d'Abou Graïb, affirme que le général Ricardo Sanchez, commandant des forces américaines en Irak, "avait vu de ses yeux ce qui se passait dans la prison d'Abou Ghraïb".

Mardi 25 mai 2004 : Washington et Londres ont soumis au Conseil de Sécurité de l'ONU une résolution permettant à l'exécutif irakien d'assumer sa souveraineté dès le 30 juin 2004. Elle autorise la force multinationale dirigée par les Etats-Unis à rester après le transfert de souveraineté, le 30 juin. ** Lors d'une interview pour la chaîne de télévision CBS, le général à la retraite Anthony Zinni, ancien chef du commandement central américain, a accusé les dirigeants du Pentagone, sans citer de noms, d'avoir échoué dans la mise en oeuvre de l'intervention armée en Irak. Selon lui, ces responsables devraient démissionner. Avant de prendre sa retraite en 2000, Anthony Zinni avait établi un plan d'invasion de l'Irak qui préconisait le déploiement de 300 000 soldats dans ce pays, soit plus du double des 140 000 militaires américains actuellement déployés sur place.

Mercredi 26 mai 2004 : Le Pentagone a annoncé que le plus haut gradé américain en Irak, le général Ricardo Sanchez, serait bientôt remplacé ajoutant que cette décision n'était en aucun liée aux sévices et humiliations infligés aux détenus irakiens de la prison d'Abou Graïb à Bagdad. Le général Sanchez était en poste depuis mai 2003 en Irak.

Jeudi 27 mai 2004 : Le président Bush a annoncé lundi dans son discours à la nation sa volonté, avec l'accord du futur gouvernement irakien, de voir démolir la prison d'Abou Graïb à Bagdad, où des prisonniers irakiens ont subi sévices et humiliations de la part des soldats américains, " lieu devenu le "symbole de la conduite scandaleuse de quelques soldats américains qui ont déshonoré notre pays et négligé nos valeurs" selon le président Bush. L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International, s'est dite opposée à cette destruction. Abdul Salam Sayid Ahmed, responsable de la branche Moyen-Orient d'Amnesty International, a déclaré : "Abou Ghraïb peut contribuer à traduire en justice les figures symboliques de l'ancien régime et leurs auxiliaires. Pour cette raison, nous sommes contre le projet du président américain de démolir cette prison. "En cas de destruction, il existe un danger d'une destruction des preuves des tortures (commises) par le régime de Saddam Hussein et d'une impossibilité d'établir un compte détaillé des crimes commis par ce régime" a-t-il conclu dans une interview à la radio allemande Deutsche Welle.

Vendredi 28 mai 2004 : Au cours d'un rassemblement à New York, l'ancien vice-président démocrate, Al Gore, a demandé la démission du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et de la conseillère du président, Condoleeza Rice estimant que "leur gestion de la guerre en Irak est catastrophique." Il a également vivement dénoncé la politique irakienne du président George Bush.

Lundi 31 mai 2004 : Plus de 100 000 anciens combattants américains de la Seconde Guerre mondiale se sont réunis samedi à Washington pour l'inauguration d'un mémorial leur rendant hommage regrettant toutefois une reconnaissance si tardive.



 

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