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Prisons secretes de la CIA, detention illegale, methodes d'interrogatoires, mauvais traitements, tortures, prisonniers, prisons clandestines

Source Fil-info-France Vendredi 23 janvier 2009 N° 2190/23586



Prisonniers de Guantanamo
Source :
Humiliation du monde arabe (4) quotidien indépendant Fil-info-France


Rappel des faits :

Le quotidien "Washington Post" a révélé dans son édition du mercredi 2 novembre 2005 que l'agence de renseignements, CIA (Central Intelligence Agency) interroge certains des responsables d'Al-Qaïda les plus importants dans une prison secrète datant de l'époque soviétique en Europe de l'Est, d'après des "responsables américains proches du dossier". 8 pays abriteraient ces "prisons secrètes" qualifiées de "sites noirs" dans des documents confidentiels de la Maison Blanche, de la CIA ou encore du département de la Justice, dont peu de hauts responsables américains, ont connaissance, dont la Thaïlande, l'Afghanistan, plusieurs Etats d'Europe de l'Est et Guantanamo Bay à Cuba. Le conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley a refusé mercredi soir de confirmer ou d'infirmer ces informations, se contentant de déclarer que "les Etats-Unis ne tortureraient pas et qu'ils (les Etats-Unis) mèneront leurs activités dans le respect de la loi et des obligations internationales". Le quotidien "Washington Post" a tenu à préciser qu'il "n'a pas dévoilé les pays d'Europe de l'Est impliqués dans ce programme clandestin à la demande de hauts responsables américains" affirmant que "ces révélations risquaient d'exposer ces pays à des représailles terroristes".

A la suite de cet article, un responsable américain a indiqué mardi 8 novembre 2005 que la CIA a adressé un rapport au département de la Justice jugeant qu'il y avait "eu fuite à destination de journalistes d'informations potentiellement classées secrètes sur l'existence de prisons clandestines dirigées par l'agence de renseignements.

Le Secrétaire général du Conseil de l'Europe Terry Davis a annoncé mercredi 23 novembre 2005 dans un communiqué l'ouverture d'une "enquête formelle" sur les éventuels transferts ou détentions de personnes suspectées de terrorisme dans les pays membres "avec une implication éventuelle d'agences étrangères" en ce conformément à l'article 52 de la Convention européenne des Droits de l'homme.

Interviewé par la chaîne de télévision ABC, sur "la nécessité de disposer de prisons secrètes dans différentes parties du monde, dont l'Europe de l'est", Porter Goss, directeur de l'Agence centrale de renseignement (CIA Central Intelligence Agency), n'a pas démenti mardi 29 novembre 2005 l'existence de ces prisons secrètes où seraient détenus des individus suspectés de terrorisme et a déclaré : "Inévitablement, il y aura des terroristes capturés et inévitablement ils devront être traités selon les règles du droit. C'est inévitablement ce qui se passera en respectant la légalité et en conformité avec les règles et les protections prévues par notre système judiciaire". Porter Goss a affirmé que la CIA "n'emploie pas la torture" indiquant : "Ce que nous faisons en est loin (...). Nous faisons des "debriefings" sans avoir recours à la torture, car la torture est contreproductive". Le chef de la CIA n'a pas fourni d'information sur les méthodes utilisées par ses services lors des interrogatoires affirmant "ignorer si elle pouvait être qualifiée de torture". La chaîne ABC avait révélé récemment que les agents de la CIA avaient recours lors des interrogatoires à des méthodes telles que la privation de sommeil, l'exposition au froid et même la suffocation.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw, dont le pays assure la présidence de l'Union Européenne, a envoyé mardi 29 novembre 2005 une courte lettre à la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice pour lui demander des éclaircissements sur "l'existence présumée de prisons secrètes de la CIA en Europe". Le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack, a indiqué : "Nous nous efforcerons de répondre à cette lettre de la meilleure manière possible, de façon opportune et franche".

Des députés du Parlement européen, socialistes et écologistes en tête, ont demandé mercredi 7 décembre 2005 la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les allégations de prisons secrètes de la CIA en Europe.

Lors d'une réunion mardi 13 décembre 2005 à Paris en France de la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), le sénateur suisse Dick Marty, qui enquête pour le Conseil de l'Europe sur l'affaire des prisons secrètes présumées de la Central Intelligence Agency (CIA) en Europe, a confirmé "le transport et la détention temporaire de personnes détenues, en dehors de toute procédure judiciaire, dans des pays européens", ajoutant que "des procédures judiciaires en cours dans certains pays semblent montrer que des personnes ont été enlevées et transportées dans d'autres pays sans respecter aucune norme d'assistance judiciaire". Dick Marty a également déclaré qu'aucun prisonnier n'était détenu en Europe parce que ces prisonniers auraient été transférés début novembre 2005 dans des pays d'Afrique du Nord, notamment le Maroc, après les révélations du quotidien américain "Washington Post" dans son édition du mercredi 2 novembre 2005 . Plus de détails : Notre édition du 4 novembre 2005 (Etats-Unis).

S'exprimant sur "News 24", la chaîne de télévision d'informations en continu de la BBC (British Broadcasting Corporation), sur la polémique concernant le transfert par des pays européens de prisonniers soupçonnés de terrorisme à bord d'avions de la CIA (Service de renseignements, l'ex-secrétaire d'Etat américain Colin Powell a déclaré mardi 20 décembre 2005 que "les Européens sont au courant de ces pratiques".

Les prisons secrètes de la CIA dans l'actualité de Fil-info-France :

ANNEE 2008 :

Samedi 16 février 2008 : VOLS SECRETS CIA : A la suite du dépôt d'une plainte, en mai 2007, à l'encontre d'une filiale du groupe Boeing, Jeppesen Dataplan, soupçonnée d'avoir été l'un des principaux fournisseurs de services logistiques (itinéraire, service météo, approvisionnements) pour les avions utilisés par la CIA (Central Intelligence Agency, service de renseignements américains) pour transférer illégalement et secrètement à la prison militaire de Guantanamo des "terroristes" présumés, le juge du tribunal fédéral de San José dans l'Etat de Californie, James Ware, sous la pression de la Maison Blanche, qui a demandé au juge "de rejeter la plainte sans même l'examiner, au motif qu'elle concernait des activités secrètes qui ne pouvaient être ni confirmées ni démenties", a invoqué "le secret d'Etat". Le juge indique avoir fondé sa décision sur un note confidentielle du directeur de la CIA, Michael V. Hayden. James Ware a conclu : "Poursuivre cette affaire mettrait en danger la sécurité nationale et les relations étrangères, et aucune mesure de protection ne peut sauver cette plainte". 3 des plaignants, un Ethiopien et un Italien arrêtés au Pakistan et transférés au Maroc et un Egyptien arrêté en Suède et rapatrié en Egypte, sont encore incarcérés. 2 autres, un Yéménite arrêté en Jordanie et un Irakien arrêté en Gambie, tous 2 transférés en Afghanistan, ont été libérés sans poursuites. Ils dénonçaient dans leur plainte leur transfert illégal et des tortures et réclamaient des dommages et intérêts à la compagnie Jeppesen. Pour l'organisation de défense des libertés ACLU, à l'origine de la plainte contre Jeppesen, l'administration Bush a utilisé l'arme du secret d'Etat comme "ne bombe atomique légale, pulvérisant les affaires susceptibles de nuire au gouvernement".

Vendredi 22 février 2008 : ROYAUME-UNI : Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband, a confirmé jeudi 21 février 2008 que des avions américains ont fait escale à 2 reprises en 2002 sur l'île britannique de Diego Garcia, dans l'Océan Indien, avec chacun un suspect de terrorisme à bord. Une enquête de la police britannique avait conclu en juin 2007 que les aéroports de Grande-Bretagne n'avaient pas été utilisés par la CIA (Central Intelligence Agency, service de renseignements américains) pour "transporter des suspects vers des lieux de torture dans d'autres pays". ETATS-UNIS : Après l'annonce du ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband confirmant les vols de la CIA sur le territoire britannique, le directeur de la CIA, le général Michael V. Hayden, a admis jeudi 21 février 2008 que le gouvernement américain a bel et bien utilisé le sol et l'espace aérien britannique pour transférer des prisonniers soupçonnés de terrorisme. Le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, a indiqué que si les Etats-Unis avaient auparavant déclaré qu'aucun avion n'avait atterri ou décollé de Grande-Bretagne, c'était parce qu'il y avait eu "une erreur administrative".

Mercredi 3 septembre 2008 : Le ministre des Affaires étrangères Radoslav Sikorski a affirmé mardi 2 septembre 2008 dans une interview à la radio polonaise ZET que l'agence américaine de renseignements, CIA (Central Intelligence Agency), n'avait pas de prison secrète en Pologne, lorsqu'il était ministre de la Défense, ni après son mandat.

Vendredi 14 mars 2008 : UNION EUROPEENNE/PRISONS SECRETES CIA : Dans une interview au quotidien belge "Le Soir", la députée européenne socialiste, Ana Maria Gomès, a interpellé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, sur son manque de transparence sur la question d'éventuels transferts ou détentions de personnes suspectées de terrorisme dans les pays membres de l'Union européenne à bord d'avions de la CIA (Central Intelligence Agency, service de renseignements américains) à travers l'espace aérien européen. Selon la députée, sous la gouvernance de José Manuel Barroso, alors premier ministre du Portugal entre 2002 et 2004, 700 prisonniers auraient transité par l'espace aérien ou les aéroports portugais vers la base militaire américaine de Guantanamo à Cuba. Elle lui a notamment demandé "de rendre public l'avis légal que son cabinet avait sollicité auprès d'un juriste portugais sur le passage dans les eaux portugaises de navires impliqués dans le transfert illégal de prisonniers suspects de terrorisme et soustraits à la justice. Ces navires sont plusieurs fois passés dans les eaux portugaises".

Jeudi 10 avril 2008 : L'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch (HWR) a publié mardi 8 avril 2008 un rapport de 36 pages intitulé "Double danger : les transfèrements de la CIA en Jordanie" (en anglais : "Doubler le Danger: CIA Renditions à Jordan", qui révèle que la CIA (Central Intelligence Agency, service de renseignements américains) a secrètement envoyé au moins 14 détenus soupçonnés de terrorisme en Jordanie entre 2001 et 2004, aux fins d'interrogation et de torture, faisant de ce pays le numéro un du "transfèrement" de prisonniers à cette époque. Joanne Mariner, directrice du programme terrorisme et contre-terrorisme à Human Rights Watch, a indiqué que "l'administration Bush a toujours clamé n'avoir jamais transféré de personnes dans des pays étrangers aux fins d'interrogatoires musclés. Mais nous avons des documents qui prouvent que pas moins d'une douzaine de personnes ont été envoyés en Jordanie pour y être torturées". Et d'ajouter : "La torture "délocalisée" dans d'autres pays n'est pas seulement injustifiée mais aussi illégale. Et les Etats-Unis ne peuvent prétendre ne pas torturer s'ils envoient les gens dans des pays qui le font".

ANNEE 2007 :

Samedi 6 octobre 2007 : Selon une information diffusée vendredi 5 octobre 2007 sur le site internet du quotidien économique "Wall Street Journal", le colonel Morris D. Davis, procureur général des tribunaux militaires d'exception chargés de juger les "terroristes présumés de Guantanamo", a donné sa démission jeudi 4 octobre 2007 "en raison d'un conflit avec sa hiérarchie". Dans un document publié par le quotidien, le colonel Morris D. Davis a écrit : "Si quelqu'un au-dessus de moi essaie de m'intimider pour décider à ma place qui nous allons inculper, quels chefs d'inculpation invoquer, quels éléments de preuve introduire et comment mener les poursuites ? alors je vais démissionner". Le "Wall Street Journal" affirme que le colonel Davis, fervent partisan des tribunaux militaires d'exception, était particulièrement irrité par les efforts de l'autorité de tutelle militaire pour négocier des reconnaissances de culpabilité de la part de détenus sans passer par un procès. ** Le président George W. Bush a déclaré qu'il "est légitime que la CIA utilise des prisons secrètes à l'étranger pour interroger des terroristes présumés, sans recourir à la torture, déclarant : "J’ai mis en place ce programme pour la simple raison qu’il fallait mieux protéger la population américaine. Et si nous trouvons quelqu’un qui détient des informations concernant des attaques potentielles contre l’Amérique, vous pouvez être certains que nous le mettrons derrière les verrous. Et il nous faudra l’interroger. Parce que les Américains attendent de nous que nos services trouvent des informations pour les protéger. C’est notre boulot. Secondement, ce gouvernement n’a pas recours à la torture". Le quotidien "New York Times" a pourtant révélé jeudi 4 octobre 2007 des documents issus du département de la Justice qui justifient les techniques violentes d'interrogatoires, telles que gifles, soumission à des températures extrêmes ou simulacre de noyade.

Jeudi 19 juillet 2007 : BELGIQUE : PRISONS SECRETES CIA : Après la parution vendredi 8 juin 2007 de son second rapport sur les prisons secrètes de la CIA (Central Intelligence Agency, service de renseignements américains) en Europe et sur les transferts illégaux de terroristes présumés à travers l'espace aérien européen, qui met en cause la Pologne et la Roumanie, le rapporteur spécial du Conseil de l'Europe, le député suisse, Dick Marty, a dû faire face devant le Parlement européen de Bruxelles mardi 17 juillet 2007 aux critiques d'eurodéputés sur sa méthode d'enquête, basée sur des entretiens avec des sources anonymes. Dick Marty s'est défendu en déclarant que "la confidentialité des sources était une stratégie légitime face au mur du silence des gouvernements européens", rappelant qu'il ne disposait pas de pouvoirs d'investigation. Plusieurs députés européens polonais ont dénoncé "manipulation des informations", "le manque de preuves" ou une "spéculation". Lire l'édition de Fil-info-France du 9 juin 2007

FRANCE : Jeudi 28 juin 2007 : PRISONS SECRETES DE LA CIA : Le Conseil de l'Europe, dont le siège est à Strasbourg, a approuvé mercredi 27 juin 2007, par 124 voix pour, 37 contre et 8 abstentions, en seconde lecture, le deuxième rapport du sénateur suisse Dick Marty mettant notamment en cause la Roumanie et la Pologne pour avoir abrité des centres de détention de la CIA entre 2003 et 2005. Le document reproche à d'autres pays européens, dont l'Allemagne et l'Italie, d'avoir fait obstacle à la recherche de la vérité en invoquant la notion de "secret d'Etat". Dick Marty, qui a annoncé n'avoir "pas mandat pour un troisième rapport", a estimé que sa mission "est difficile parce que les gouvernements opposent le secret d'Etat ou la sécurité nationale, mais il faut que les élus, la société civile et les ONG demandent des comptes". Il a ajouté que son rapport "n'est pas un roman policier" et qu'en l'absence de coopération des gouvernements, "des informations ont été recueillies de sources confidentielles mais elles ont ensuite fait l'objet de contrôles croisés". La résolution insiste aussi sur "la réhabilitation et le dédommagement des victimes", rappelant que "la détention secrète viole des engagements souscrits par les Etats-Unis et les Etats membres" du Conseil de l'Europe. A l’occasion du débat de ce jour à l’Assemblée sur les détentions secrètes en Europe, le Président de l’APCE, René van der Linden a remis une distinction à Reed Brody, conseiller juridique et porte-parole de l'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch (HRW) pour un "travail exceptionnel afin de lever le voile du secret autour de la pratique de "restitution extraordinaire" et l’utilisation de détentions secrètes". Il a également souligné "le rôle essentiel de la société civile dans les démocraties modernes" et "la coopération de longue date de l’Assemblée avec les ONG".

SUISSE : Jeudi 21 juin 2007 : PRISONS SECRETES CIA : Le rapporteur spécial du Conseil de l'Europe, le député suisse, Dick Marty, a indiqué dans les colonnes du quotidien de Zürick, "Tages Anzeiger", qu'au cours de son enquête sur les prisons secrètes de la CIA (Central Intelligence Agency, service de renseignements américains) en Europe et sur les transferts illégaux de terroristes présumés à travers l'espace aérien européen, qui a été révélé le 8 juin 2007, qu'il avait rencontré une trentaine d’agents secrets qui ont pris l’initiative de le contacter. Ces personnes étaient conscientes des risques qu’elles prenaient. Il a ajouté : "Elles pourraient se retrouver accusées de haute trahison ou de violation de secrets d’Etat". Dick Marty s'est également dit persuadé "qu'il existe toujours des prisons secrètes en Afrique et en Asie", concluant : "Il y a des indications qui concernent la Thaïlande, le Maroc, l’Ethiopie et la Somalie". Lire notre édition du 9 juin 2007.

UNION EUROPEENNE : Samedi 9 juin 2007 : PRISONS SECRETES CIA : Le rapporteur spécial du Conseil de l'Europe, le député suisse, Dick Marty, a révélé vendredi 8 juin 2007 la teneur de son deuxième rapport sur les prisons secrètes de la CIA (Central Intelligence Agency, service de renseignements américains) en Europe et sur les transferts illégaux de terroristes présumés à travers l'espace aérien européen. Dick Marty a affirmé que "des centres secrets de détention gérés par la CIA ont bien existé en Europe, entre 2003 et 2005, notamment en Pologne et en Roumanie", ajoutant que "les présidents polonais et roumain de l'époque, Aleksander Kwasniewski et Ion Iliescu étaient au courant de ces détentions secrètes et les ont autorisées". Dick Marty affirme dans son rapport que l'installation de ces bases logistiques a été précédée d'un accord secret conclu en octobre 2001 entre les Etats-Unis et leurs alliés de l'OTAN (Organisation du Traité Atlantique Nord). Il critique également l'attitude des gouvernements allemand et italien qui ont, selon lui, entravé les enquêtes sur des cas d'enlèvement et de transfert illégaux de prisonniers au nom de la raison d'Etat. Le texte sera débattu le 27 juin 2007 à Strasbourg en France pendant une session plénière de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Dans un document rendu public jeudi 7 juin 2007, les organisations britanniques Amnesty International, Cageprisoners et Reprieve, et américaines Human Rights Watch (HWR), Center for Constitutional Rights (CCR) et Centre for Human Rights and Global Justice (CHRGJ), ont publié les noms de 39 personnes qui n'ont depuis donné aucun signe de vie alors même que le gouvernement américain affirme que les prisons de la CIA sont vides.

UNION EUROPEENNE : Jeudi 15 février 2007 : La commission du Parlement européen, dont le siège est à Strasbourg en France, chargé d'enquêter sur "l'utilisation alléguée de pays européens par la CIA pour le transport et la détention illégale de prisonniers" a rendu mercredi 14 février 2007, son rapport, qui a été adopté par l'Assemblée plénière, par 382 voix pour, 256 contre et 74 abstentions. Ce rapport révèle que "plus d'un millier de vols de la CIA (Central Intelligence Agency, service de renseignements américains) ont utilisé l'espace aérien européen de 2001 à 2005 et des lieux de détention secrets ont pu être localisés dans des bases militaires américaines en Europe" et "déplore la passivité de certains Etats membres face aux opérations illégales et le manque de coopération du Conseil" de l'Europe. Le rapport ajoute que "certains pays européens" ont "fermé les yeux" sur des vols opérés par la CIA qui "dans certains cas, ont servi à effectuer des restitutions extraordinaires ou à transporter des prisonniers de façon illégale". Dans des pays européens, constate le rapport, "des installations de détention secrètes ont pu être situées dans des bases militaires américaines" et "il a pu se produire une absence de contrôle" de ces bases de la part de pays hôtes européens. Le rapport fait état "qu'au moins 1245 vols exploités par la CIA ont survolé l'espace aérien européen ou ont fait escale dans des aéroports européens entre la fin 2001 et la fin 2005", même si, comme le soulignent les députés, "ces vols n'ont pas tous servi à des restitutions extraordinaires". Le document rappelle que "le programme de restitutions extraordinaires est une pratique extrajudiciaire, qui va à l'encontre des normes internationales en matière de droits de l'homme, et en vertu de laquelle un individu suspecté d'être impliqué dans des activités terroristes est illégalement enlevé, arrêté et/ou remis aux mains d'agents des Etats-Unis et/ou transporté vers un autre pays pour y subir un interrogatoire qui, dans la majorité des cas, implique une détention au secret et des actes de torture". Le Parlement condamne ces restitutions "qui constituent un instrument illégal utilisé par les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme" et condamnent "l'acceptation et la dissimulation de cette pratique, en plusieurs occasions, par les services secrets et les autorités gouvernementales de certains pays européens". Les députés demandent par conséquent au Conseil et aux Etats membres "de publier une déclaration demandant clairement et avec force au gouvernement américain de mettre un terme aux pratiques des détentions et des restitutions extraordinaires". Le rapport recommande également que tous les pays européens se dotent "de lois nationales spécifiques réglementant et contrôlant les activités des services secrets de pays tiers sur leur territoire national". Il conseille que les autorisations de survol destinées aux appareils militaires et/ou de police ne soient accordées "qu'à condition qu'elles soient assorties de garanties en termes de respect et de contrôle des droits de l'homme". Enfin, les députés demandent la fermeture de la prison de Guantanamo et pressent les pays européens de "s'employer immédiatement à obtenir le retour de leurs citoyens et résidents détenus illégalement par les autorités américaines".

Vendredi 26 janvier 2007 : La Commission du Parlement européen chargée d'enquêter sur de possibles prisons secrètes de la CIA (Central Intelligence Agency, service de renseignements américains) en Europe a rendu son rapport mercredi 24 janvier 2007 qui dénonce "la complicité de certains Etats membres et le manque de coopération du Conseil européen". Le rapport indique que "plus d'un millier de vols de la CIA ont utilisé l'espace aérien européen de 2001 à 2005. Certains d'entre eux ont servi à transporter des personnes suspectées de terrorisme pour les interroger dans un autre pays. 13 pays européens (parmi lesquels le Royaume-Uni, le Danemark, l'Allemagne, la Grèce) seraient impliqués. Le quotidien "Washington Post" avait révélé dans son édition du mercredi 2 novembre 2005 que l'agence de renseignements, CIA interroge certains des responsables d'Al-Qaïda les plus importants dans une prison secrète datant de l'époque soviétique en Europe de l'Est, d'après des "responsables américains proches du dossier". 8 pays abriteraient ces "prisons secrètes" qualifiées de "sites noirs" dans des documents confidentiels de la Maison Blanche, de la CIA ou encore du département de la Justice, dont peu de hauts responsables américains, ont connaissance, dont la Thaïlande, l'Afghanistan, plusieurs Etats d'Europe de l'Est et Guantanamo Bay à Cuba. Le conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley avait refusé de confirmer ou d'infirmer ces informations, se contentant de déclarer que "les Etats-Unis ne tortureraient pas et qu'ils (les Etats-Unis) mèneront leurs activités dans le respect de la loi et des obligations internationales". Le quotidien "Washington Post" a tenu à préciser qu'il "n'a pas dévoilé les pays d'Europe de l'Est impliqués dans ce programme clandestin à la demande de hauts responsables américains" affirmant que "ces révélations risquaient d'exposer ces pays à des représailles terroristes".

ANNEE 2006 :

Mardi 15 novembre 2006 : ETATS-UNIS :
Le magazine "Time" a révélé dans son édition de dimanche, publiant plusieurs documents, dont le rapport d'autopsie rédigé par le Département de la Défense, que "des agents de la CIA ont apparemment cherché à dissimuler les circonstances de la mort d'un "prisonnier fantôme" irakien alors qu'il était interrogé à la prison d'Abou Ghraib. Le "Time" indique que le prisonnier, Manadel al-Jamadi, avait été enlevé par des commandos de marine américains (SEAL) le 4 novembre 2003, après avoir été suspecté de détenir des explosifs et d'avoir participé à un attentat contre un centre de la Croix-Rouge à Bagdad, faisant 11 morts. Il avait été incarcéré à Abou Ghraib comme "prisonnier non répertorié" ou "prisonnier fantôme". Il est mort après une heure et demie d'interrogatoires de "blessures infligées par des coups violents" et d'"asphyxie", selon les documents obtenus par Time. Des photos de soldats américains souriants, accroupis sur le cadavre de Jamadi, faisaient partie des clichés qui ont conduit à la révélation fin avril 2004 du scandale des abus commis à Abou Ghraib fin 2003. Plus de détails : Photos des humiliations subies par les prisonniers irakiens à la prison d'Abou Graïb à Bagdad en Irak. ( ! ) Lien déconseillé aux personnes sensibles ; Un an après Abou Ghraib, la torture perdure

Jeudi 19 octobre 2006 : ROUMANIE : La sénatrice Norica Nicolaï, qui a conduit l'enquête sur les prisons secrètes de la CIA (Central Intelligence Agency, service de renseignements américains) en Europe de l'Est a publié mercredi 18 octobre 2006 un communiqué après une rencontre avec les membres d'une délégation comportant des législateurs de l'Union européenne (UE) en visite en Roumanie pour 3 jours, qui indique "qu'il n'y a pas de prisons secrètes de la CIA sur le territoire de la Roumanie".

Jeudi 5 octobre 2006 : EUROPE : S'exprimant devant le Parlement européen de Strasbourg, le rapporteur du Conseil de l'Europe, Dick Marty, parlementaire suisse, conseiller aux Etats, qui dirige une enquête du Conseil de l'Europe sur l'affaire des prisons secrètes de la CIA (Central Intellency Agency, agence de renseignements américains), a annoncé mardi 3 octobre 2006 qu'il entendait visiter, en présence du rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Novak, le centre de détention américain de Guantanamo à Cuba et demandait à s'entretenir avec les 14 prisonniers des services secrets américains transférés sur l'île, mentionnés par le président américain George W. Bush. Lire notre édition du 11 juillet 2006 (Suisse). Dick Marty avait présenté son rapport, le 8 juin 2006 dans lequel il accusait plusieurs autres pays de collusion avec les "activités douteuses" de la CIA et présente une carte sur laquelle figurent les "points de chute" présumés allant de Kaboul à Guantanamo en passant par Rabat (Maroc), Alger (Algérie), Le Caire (Egypte), Amman (Jordanie), Bagdad (Irak), Bucarest, Timisoara (Roumanie) et Szymany (Pologne). Des pays comme l'Espagne, la Turquie, l'Allemagne et Chypre ont servi de "postes avancés" pour le transfert de prisonniers, alors que l'Irlande, la Grèce et le Grande-Bretagne ont servi d'escales dans ces opérations. L'Italie, la Suède, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine ont également été impliqués dans ces opérations de la CIA.

Jeudi 29 juin 2006 : Anton Kohler, porte-parole de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC), a annoncé mercredi 28 juin 2006 que le nombre des atterrissages "d'avions de la CIA" en Suisse est 10 fois plus élevé que les chiffres publiés jusque-là. Depuis 2001, on en dénombre pas moins de 58. Anton Kohler a précisé que "ces 58 atterrissages d'avions ont eu lieu entre février 2001 et février 2006". Il a ajouté que jusqu'ici, seulement 6 atterrissages, effectués par 3 avions présumés de la CIA, avaient été rendus publics en Suisse. Lire notre édition du 28 juin 2006 (France)

Mercredi 28 juin 2006 : FRANCE : Les parlementaires européens du Conseil de l'Europe, qui siège à Strasbourg, ont pris connaissance mardi 27 juin 2006 du rapport de Dick Marty, chargé par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) d’enquêter sur les enlèvements et transfèrements illégaux en Europe pour le compte des services secrets américains et rendu public le 7 juin 2006 à Paris. Ce rapport épingle 14 pays européens pour leur implication dans les vols secrets de la CIA (Central Intellency Agency, agence de renseignements américains) et, dans le cas de la Pologne et de la Roumanie, pour avoir pu abriter des centres de détention clandestins. Lire notre édition du 25 janvier 2006 (Europe). Le commissaire européen à la justice et aux affaires intérieures, Franco Frattini, a reconnu mardi 27 juin 2006 que des personnes soupçonnées d'activités liées au terrorisme avaient été remises à des agents américains sur le territoire de l'Union européenne et ce en toute illégalité. Il demande aux Etats membres d'effectuer des enquêtes approfondies au sujet de ces possibles violations des droits de l'homme, et de la collusion présumée des pays européens.

Samedi 24 juin 2006 : FRANCE : Khaled Ben Mustapha, l’un des 6 anciens détenus français de la base américaine de Guantanamo, a porté plainte contre X vendredi pour "enlèvement, séquestration" et "actes de torture et de barbarie". Il s’agit de la troisième plainte déposée par un Français ayant été détenu à Guantanamo. Interpellé à la frontière pakistano-afghane par les autorités pakistanaises après les attentats du 11 septembre 2001, Khaled Ben Mustapha avait été remis aux autorités américaines. Après avoir été détenu à Kandahar, au Pakistan, il avait été transféré le 13 février 2002 sur la base militaire de Guantanamo à Cuba où il a été prisonnier pendant 3 ans. Rapatrié en France, il a été mis en examen le 11 mars 2005 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et placé en détention provisoire jusqu’au 6 mars dernier. Les 6 anciens détenus français de Guantanamo seront jugés du 3 au 12 juillet devant le tribunal correctionnel de Paris. Lire notre édition du 7 juin 2006

Jeudi 8 juin 2006 : EUROPE : Le rapporteur du Conseil de l'Europe, Dick Marty, parlementaire suisse, conseiller aux Etats, qui dirige une enquête du Conseil de l'Europe sur l'affaire des prisons secrètes de la CIA (Central Intellency Agency, agence de renseignements américains), a présenté son rapport dans lequel il accuse plusieurs autres pays de collusion avec les "activités douteuses" de la CIA et présente une carte sur laquelle figurent les "points de chute" présumés allant de Kaboul à Guantanamo en passant par Rabat (Maroc), Alger (Algérie), Le Caire (Egypte), Amman (Jordanie), Bagdad (Irak), Bucarest, Timisoara (Roumanie) et Szymany (Pologne). Des pays comme l'Espagne, la Turquie, l'Allemagne et Chypre ont servi de "postes avancés" pour le transfert de prisonniers, alors que l'Irlande, la Grèce et le Grande-Bretagne ont servi d'escales dans ces opérations. L'Italie, la Suède, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine ont également été impliqués dans ces opérations de la CIA. Lire notre édition du 25 janvier 2006 (Europe)

Mercredi 7 juin 2006 : CUBA/GUANTANAMO : L'armée américaine a annoncé dans un communiqué qu'il ne reste plus que 18 grévistes de la faim à la prison américaine de Guantanamo à Cuba alors qu'ils étaient 89 depuis jeudi 1er juin 2006. Le communiqué précise que 4 détenus ont été "nourris de force" ajoutant que les détenus ont entamé une grève de la faim pour "attirer l'attention des médias et de faire pression sur les Etats-Unis" sur leurs conditions de détention. L'armée américaine n'a pas publié le nom des grévistes de la faim. De nombreux détenus, capturés en Afghanistan, qui ne sont pas considérés comme des "prisonniers de guerre" mais comme des "combattants ennemis", sont emprisonnés illégalement depuis janvier 2002 sans avoir été ni inculpés ni avoir bénéficié des services d'un avocat. Le Pentagone avait publié mercredi 19 avril 2006 sur son site internet, et sans aucun commentaire, pour la première fois les noms et nationalités de 558 personnes détenues sur la base militaire américaine de Guantanamo à Cuba dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme". Plus de détails : Lire notre édition du 31 mai 2006 (Etats-Unis - Guantanamo) ; du 20 mai 2006 (Suisse)

Samedi 20 mai 2006 : Dans un communiqué publié vendredi 19 mai 2006 à Genève, le Comité contre la torture, dont le directeur général est le Russe, Sergei Ordzhonikidze, qui a terminé les travaux de sa 36e session, qui s'est tenue dans la capitale suisse du 1er au 19 mai 2006, a rendu publique ses observations finales sur les rapports examinés au cours de la session et présentés par le Pérou, la Géorgie, le Guatemala, les Etats-Unis, le Qatar, le Togo et la République de Corée, selon lesquelles les Etats-Unis ont établi des centres de détention secrets qui ne sont pas accessibles au Comité international de la Croix-Rouge (CICR)" et affirmé que la prison américaine de Guantanamo à Cuba "doit fermer". Il s'est dit "préoccupé par les allégations de mauvais traitements et de torture à l'encontre des détenus, notant que détenir indéfiniment des personnes sans charge constitue en soi une violation de la Convention. Le Comité contre la Torture juge également regrettable "la politique du 'sans commentaire' adoptée par le gouvernement américain s'agissant de l'existence de tels centres secrets ainsi que de leurs activités de renseignement". Le Comité juge "préoccupante la pratique des Etats-Unis consistant à livrer des suspects, sans procédure judiciaire, à des pays où ils sont exposés à un risque réel de torture". Le Comité est "aussi préoccupé face à l'utilisation, par les Etats-Unis, des 'assurances diplomatiques'. Le Comité affirme que les Etats-Unis devraient cesser de détenir qui que ce soit à "Guantanamo Bay" et devraient fermer ce centre de détention, permettre aux détenus d'avoir accès à une procédure judiciaire ou les libérer dès que possible, en s'assurant qu'ils ne sont pas renvoyés vers un pays où ils sont confrontés à un risque réel d'être torturés. Le Comité se dit par ailleurs préoccupé par les informations fiables faisant état d'actes de torture ou de traitements ou peines cruels, inhumains ou dégradants commis par des membres du personnel militaire et civil des Etats-Unis en Afghanistan et en Irak. Il est également préoccupé par la clémence des sentences prononcées s'agissant de nombre de ces cas. Il est en outre préoccupé par le fait que les détenus en Afghanistan et en Irak placés sous le contrôle du Département de la défense des Etats-Unis voient leur statut déterminé et examiné par un processus administratif émanant de ce Département. Le Comité estime que les Etats-Unis devraient adopter "une loi au niveau fédéral criminalisant la torture qui soit compatible avec l'article premier de la Convention" et "qui devrait inclure des peines appropriées". Ajoutant : "Les Etats-Unis devraient en outre s'assurer que les actes de torture psychologique ne soient pas limités à la 'souffrance mentale prolongée', comme l'a indiqué le pays dans ses commentaires déposés lors de sa ratification de la Convention. Les Etats-Unis devraient reconnaître et garantir que la Convention s'applique à tout moment, que ce soit en temps de paix, de guerre ou de conflit armé, sur tout territoire relevant de leur juridiction et que l'application des dispositions de la Convention est sans préjudice des dispositions de tout autre instrument international". Relevant que les Etats-Unis n'enregistrent pas toujours les personnes détenues dans des territoires placés sous sa juridiction en dehors des Etats-Unis, les privant d'une garantie effective contre des actes de torture, le Comité affirme que le pays devrait enregistrer toutes les personnes qu'il détient dans tout territoire placé sous sa juridiction. Le Comité contre la Torture a par ailleurs demandé aux Etats-Unis de revoir leurs méthodes d'exécution, en particulier en ce qui concerne l'injection létale, afin de prévenir toute souffrance ou douleur sévère. Le Comité est aussi préoccupé par les informations fiables faisant état de violences sexuelles à l'encontre des détenus ; par le traitement des femmes détenues ; par le grand nombre d'enfants condamnés à perpétuité ; par l'usage extensif d'instruments d'électrochoc par le personnel chargé de l'application des lois, et qui a provoqué plusieurs décès ; ainsi que par les informations faisant état de brutalités et d'usage excessif de la force de la part du personnel chargé de l'application des lois et par les nombreuses allégations de mauvais traitements à l'encontre de groupes vulnérables tels que les minorités raciales, les migrants et de personnes en raison de leur orientation sexuelle. Lors de sa prochaine session, qui se tiendra à Genève du 6 au 24 novembre 2006, le Comité doit examiner les rapports des Etats parties suivants : Burundi, Guyana, Hongrie, Mexique, Fédération de Russie, Afrique du Sud, Tadjikistan. La situation aux Seychelles sera examinée en l'absence de rapport.

Mercredi 25 janvier 2006 : EUROPE : Le rapporteur du Conseil de l'Europe, Dick Marty, parlementaire suisse, conseiller aux Etats, qui dirige une enquête du Conseil de l'Europe sur l'affaire des prisons secrètes de la CIA (Central Intellency Agency, agence de renseignements américains), a présenté mardi 24 janvier 2006 au Conseil de l'Europe à Strasbourg (France) une "évaluation intérimaire" de l'enquête qu'il conduit depuis novembre 2005 sur de possibles prisons secrètes de la CIA en Europe. Dick Marty affirme que "les pays européens pouvaient difficilement ignorer que plus de cent personnes soupçonnées de terrorisme ont été enlevées ou transférées via l'Europe par la CIA pour être livrées à des pays pratiquant la torture" indiquant toutefois qu'il n'existe pas à ce stade de "preuves formelles et irréfutables" de l'existence de prisons secrètes en Europe. Ajoutant que "de nombreux indices, cohérents et convergents, permettent de conclure à l'existence d'un système de 'délocalisation' ou de 'sous-traitance' de la torture".

ANNEE 2005 :

Jeudi 22 décembre 2005 :
AFGHANISTAN : L'organisation américaine de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch (HRW) a indiqué mardi 19 décembre 2005 que les Etats-Unis, pas plus tard que l’année dernière (NDLR. 2004), ont dirigé une prison secrète en Afghanistan où les détenus étaient sujets à la torture et autres mauvais traitements. Selon des témoignages de prisonniers détenus actuellement sur la base américaine de Guantanamo à Cuba, transmis par des notes de leurs avocats, ces prisonniers ont été emprisonnés, plusieurs fois de 2002 à 2004, dans un centre de détention près de Kaboul qu'ils appellent “la prison noire” ou “la prison de l’obscurité”. Ils ont révélé que les interrogateurs américains les giflaient ou les frappaient durant les interrogatoires. Ils ont aussi dit être détenus dans l’obscurité totale des semaines durant, attachés à des anneaux ancrés dans les murs de leurs cellules, soumis à de la musique bruyante ou à d’autres sons diffusés continuellement. Certains détenus ont indiqué qu’ils étaient attachés de telle manière qu’ils ne pouvaient ni s’allonger ni dormir, sans que leurs mains et leurs poignets enflent ou que des bleus se forment. Les détenus ont témoignés qu’ils étaient privés de nourriture des jours durant, et qu’ils n’avaient que de l’eau sale à boire. Les détenus ont déclaré que les gardes américains et afghans n’étaient pas en uniforme et que les interrogateurs américains ne portaient pas de vêtements militaires et qu’ils n’avaient jamais reçu de visite de représentants du Comité international de la Croix-Rouge ou d’autres organisations indépendantes. La plupart des détenus ont signalé avoir été arrêtés dans d’autres pays en Asie et au Moyen-Orient, puis transférés par avion en Afghanistan. Human Rights Watch a annoncé que la “prison noire” peut avoir été fermée après que plusieurs prisonniers aient été transférés dans le centre de Bagram, à la fin de l’année 2004. Selon Human Rights Watch, les tortures et autres mauvais traitements présumés des détenus, si preuve en est, constitueraient de sérieuses violations du droit pénal américain, comme les lois War Crimes Act, et Anti-Torture Statute, ainsi que les lois de l’Afghanistan. Les mauvais traitements des détenus sont aussi en violation avec la Convention contre la torture et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, tous deux ratifiés par les Etats-Unis, ainsi que les lois sur la guerre (Summary of International and U.S. Law Prohibiting Torture and Other). Human Rights Watch a exhorté le gouvernement américain de transférer les “disparus” vers des centres de détention connus, de présenter les raisons légales de leur détention, et d’autoriser des moniteurs indépendants à pouvoir entrer en contact avec tous les détenus concluant : “Il est temps que l’administration de Bush ferme les prisons secrètes et cesse de détenir des individus illégalement”.

Mardi 20 décembre 2005 : ETATS-UNIS : S'exprimant sur "News 24", la chaîne de télévision d'informations en continu de la BBC (British Broadcasting Corporation), sur la polémique concernant le transfert par des pays européens de prisonniers soupçonnés de terrorisme à bord d'avions de la CIA (Service de renseignements, l'ex-secrétaire d'Etat américain Colin Powell a déclaré que "les Européens sont au courant de ces pratiques".

Mercredi 14 décembre 2005 : FRANCE : Lors d'une réunion mardi à Paris de la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), le sénateur suisse Dick Marty, qui enquête pour le Conseil de l'Europe sur l'affaire des prisons secrètes présumées de la Central Intelligence Agency (CIA) en Europe, a confirmé "le transport et la détention temporaire de personnes détenues, en dehors de toute procédure judiciaire, dans des pays européens", ajoutant que "des procédures judiciaires en cours dans certains pays semblent montrer que des personnes ont été enlevées et transportées dans d'autres pays sans respecter aucune norme d'assistance judiciaire". Dick Marty a également déclaré qu'aucun prisonnier n'était détenu en Europe parce que ces prisonniers auraient été transférés début novembre 2005 dans des pays d'Afrique du Nord, notamment le Maroc, après les révélations du quotidien américain "Washington Post" dans son édition du mercredi 2 novembre 2005 . Plus de détails : Notre édition du 4 novembre 2005 (Etats-Unis).

Jeudi 8 décembre 2005 : ROUMANIE : Le président Traian Basescu a affirmé que la Roumanie n'avait pas accueilli sur son sol un centre de détention secret de la CIA, assurant que les informations sur de présumés vols secrets américains étaient "sans fondement".

Jeudi 8 décembre 2005 : ROYAUME UNI : L'organisation de défense des droits de l'homme, Amnesty international, a indiqué lundi 5 décembre 2005 à Londres, en Grande-Bretagne, avoir recensé près de 800 vols affrétés par la CIA pour transporter des prisonniers soupçonnés de terrorisme ayant atterri dans des aéroports européens entre 2001 et 2005. ces avions auraient notamment atterri à 50 reprises sur l'aéroport irlandais de Shannon entre septembre 2001 et septembre 2005 contredisant la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice qui a affirmé à Dermot Ahern, ministre irlandais des Affaires étrangères que "l’aéroport de Shannon n’a pas été utilisé dans un but préjudiciable, ni comme point de transit pour le transport de suspects de terrorisme". Pour Claudio Cordone, directeur principal des programmes régionaux à Amnesty International, "transporter des détenus vers des pays où ils risquent d'être torturés ou victimes de mauvais traitements est une contravention directe et claire aux lois internationales, avec ou sans ces soi-disant garanties diplomatiques" qui précise que "Ces assurances ne signifient rien. Les pays connus pour pratiquer systématiquement la torture nient régulièrement l’existence de telles pratiques". Amnesty International demande aux pays européens d’enquêter de manière prompte et exhaustive sur les allégations selon lesquelles leur territoire a été utilisé pour porter assistance à des vols affrétés par la CIA, transportant secrètement des détenus vers des pays où ils risquent la "disparition", la torture ou d’autres mauvais traitements. Dans l’attente des résultats de cette enquête, tous les Etats doivent faire en sorte que leur territoire et leurs équipements ne soient pas utilisés pour faciliter des vols de restitution. Amnesty International demande à tous les Etats membres du Conseil de l’Europe de coopérer pleinement avec l’enquête menée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur les allégations relatives à des centres de détention secrets. Amnesty International leur demande également de fournir des informations exhaustives sur leur droit national et leurs pratiques relatives aux vols de restitution secrets, comme l’a demandé le secrétaire général du Conseil de l’Europe.

Mercredi 30 novembre 2005 : Interviewé par la chaîne de télévision ABC, sur "la nécessité de disposer de prisons secrètes dans différentes parties du monde, dont l'Europe de l'est", Porter Goss, directeur de l'Agence centrale de renseignement (CIA Central Intelligence Agency), n'a pas démenti mardi l'existence de ces prisons secrètes où seraient détenus des individus suspectés de terrorisme et a déclaré : "Inévitablement, il y aura des terroristes capturés et inévitablement ils devront être traités selon les règles du droit. C'est inévitablement ce qui se passera en respectant la légalité et en conformité avec les règles et les protections prévues par notre système judiciaire". Porter Goss a affirmé que la CIA "n'emploie pas la torture" indiquant : "Ce que nous faisons en est loin (...). Nous faisons des "debriefings" sans avoir recours à la torture, car la torture est contreproductive". Le chef de la CIA n'a pas fourni d'information sur les méthodes utilisées par ses services lors des interrogatoires affirmant "ignorer si elle pouvait être qualifiée de torture". La chaîne ABC avait révélé récemment que les agents de la CIA avaient recours lors des interrogatoires à des méthodes telles que la privation de sommeil, l'exposition au froid et même la suffocation.

Jeudi 24 novembre 2005 :
Le Secrétaire général du Conseil de l'Europe Terry Davis a annoncé mercredi dans un communiqué l'ouverture d'une "enquête formelle" sur les éventuels transferts ou détentions de personnes suspectées de terrorisme dans les pays membres "avec une implication éventuelle d'agences étrangères" en ce conformément à l'article 52 de la Convention européenne des Droits de l'homme.

Jeudi 10 novembre 2005 : ETATS-UNIS : A la suite d'un article publié le 2 novembre 2005 par le quotidien "Washington Post", révélant que l'agence de renseignements, CIA (Central Intelligence Agency) interroge certains des responsables d'Al-Qaïda les plus importants dans une "prison secrète" datant de l'époque soviétique en Europe de l'Est et que 8 pays abriteraient ces "prisons secrètes" qualifiées de "sites noirs" dans des documents confidentiels de la Maison Blanche, de la CIA ou encore du département de la Justice, dont peu de hauts responsables américains ont connaissance, dont la Thaïlande, l'Afghanistan, plusieurs Etats d'Europe de l'Est et Guantanamo Bay à Cuba, un responsable américain a indiqué mardi que la CIA a adressé un rapport au département de la Justice jugeant qu'il y avait "eu fuite à destination de journalistes d'informations potentiellement classées secrètes sur l'existence de prisons clandestines dirigées par l'agence de renseignements.

Vendredi 4 novembre 2005 : ETATS-UNIS : Le quotidien "Washington Post" a révélé dans son édition du mercredi 2 novembre 2005 que l'agence de renseignements, CIA (Central Intelligence Agency) interroge certains des responsables d'Al-Qaïda les plus importants dans une prison secrète datant de l'époque soviétique en Europe de l'Est, d'après des "responsables américains proches du dossier". 8 pays abriteraient ces "prisons secrètes" qualifiées de "sites noirs" dans des documents confidentiels de la Maison Blanche, de la CIA ou encore du département de la Justice, dont peu de hauts responsables américains, ont connaissance, dont la Thaïlande, l'Afghanistan, plusieurs Etats d'Europe de l'Est et Guantanamo Bay à Cuba. Le conseiller à la sécurité nationale Stephen Hadley a refusé mercredi soir de confirmer ou d'infirmer ces informations, se contentant de déclarer que "les Etats-Unis ne tortureraient pas et qu'ils (les Etats-Unis) mèneront leurs activités dans le respect de la loi et des obligations internationales". Le quotidien "Washington Post" a tenu à préciser qu'il "n'a pas dévoilé les pays d'Europe de l'Est impliqués dans ce programme clandestin à la demande de hauts responsables américains" affirmant que "ces révélations risquaient d'exposer ces pays à des représailles terroristes".

Plus de détails :

"L'Europe doit dire la vérité sur les prisons secrètes" par Dick Marty, enquêteur suisse du Conseil de l'Europe sur les prisons secrètes de la CIA
Humiliation du monde arabe (4) quotidien indépendant Fil-info-France
Le centre de détention américain de Guantanamo à Cuba
Prison d'Abou Ghraïb en Irak
Waterboarding ou simulacre de noyade

 

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"Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit"
- Article 19 de la
Déclaration universelle des droits de l'homme
Déclaration internationale des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.

B - "Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontières."
- Article 11-1 de la "
Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne". 2000/C 364/01. Nice, le 7 décembre 2000.

C - "La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi."
- Article 11 de la
Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789.

 



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