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ISRAEL,
FIL-INFO-ISRAEL ©, ARCHIVES, OCTOBRE 2003



Mercredi 1er octobre 2003 : 3 colons juifs de la colonie de Bat Ayin, au sud de Bethléem en Cisjordanie, ont été condamnés à des peines de prison allant de 12 à 15 ans pour "tentative de meurtre" et "appartenance à un réseau terroriste anti-palestinien". Le 27 avril 2002, ils avaient placé une remorque bourrée d'explosifs entre un hôpital et une école de filles dans le quartier arabe de Jérusalem-Est. ** Le gouvernement doit étudier mercredi le tracé final de la "clôture de sécurité" qui doit séparer Israël de la Cisjordanie.

Jeudi 2 octobre 2003 : Le gouvernement a approuvé la construction d'un nouveau tronçon de la "clôture de sécurité", qui doit protéger l'Etat hébreu de l'infiltration de kamikazes palestiniens. Long de 45 km, d'un coût supérieur à 100 millions de dollars, cette nouvelle construction devrait s'étirer sur 45 km depuis la colonie d'Elkana, au nord, jusqu'à la base militaire d'Ofer, en Cisjordanie. 5 colonies juives de peuplement, dont celle d'Ariel, ne seront pas incluses dans le tracé mais seront entourées d'une clôture séparée qui pourrait être raccordée à tout moment, à la barrière principale. Selon l'Autorité Nationale Palestinienne, cette mesure vise à "l'annexion de facto de secteurs du futur Etat palestinien". Plusieurs tronçons sont en cours de construction et isoleront entièrement la Cisjordanie. Selon Human Right Watch, "la première phase de la barrière de séparation a été achevée fin juillet 2003. Elle serpente sur environ 175 kilomètres dans le Nord-ouest de la Cisjordanie. Elle a entraîné la confiscation de 12 km2 de terre et a soustrait 2 % du territoire total de la Cisjordanie. Deux nouvelles phases sont en cours de construction : l’une dans le Nord-est de la Cisjordanie et l’autre dans la région de Jérusalem Est et de Béthleem. Le tracé de la quatrième phase est encore en cours de négociation. Selon le tracé final de la barrière, le coût de la construction est estimé à au moins 1,3 milliards de dollars. ** Le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme dans les territoires palestiniens, John Dugard, a présenté mardi devant le Conseil de sécurité de l'ONU un rapport qui assimile cette barrière "à une annexion déguisée de portions de la Cisjordanie." Il dénonce la nouvelle barrière de sécurité qui ne suit pas la ligne verte, (frontière entre Israël et les territoires palestiniens avant la guerre des 6 jours en 1967) qui selon lui, affecte directement plus de 210 000 Palestiniens soumis à des restrictions de déplacements imposées par l'armée israélienne et sont à l'origine d'une crise humanitaire dans les territoires palestiniens. Il souligne qu'une telle annexion est interdite par la Charte de l'ONU et la IVe Convention de Genève. ** L'organisation Human Right Watch a dénoncé "l'enfermement des Palestiniens" par le "mur de sécurité soulignant que "le tracé de cette barrière et les dispositions concernant son fonctionnement constituent une violation de la liberté de mouvement des Palestiniens mettant en danger leur accès à la nourriture, l'eau, l'éducation et les services médicaux". Human Rights Watch reconnaît que "le gouvernement israélien a le devoir de protéger ses civils mais souligne qu’Israël a l’obligation de vérifier que ses mesures de sécurité ne violent pas le droit international en matière de droits humains, ni le droit international humanitaire." Et de conclure : "Israël a un lourd passé en matière de restrictions graves et arbitraires à la liberté de mouvement. La barrière va institutionnaliser ces restrictions et renforcer les torts causés à long terme par les colonies de peuplement illégales. C’est pourquoi nous avons maintenant besoin d’une intervention américaine ferme." Dans une lettre adressée au président américain George Bush, HRW réclame des sanctions à l'encontre d'Israël et notamment le prélèvement du coût de la construction du mur sur les 9 milliards de garanties bancaires que les Etats-Unis doivent octroyer à l'état hébreu. Plus de détails : Voir le rapport d'Human Right Watch (format pdf) ; Voir la lettre adressée au président G. W. Bush ; Plus de liens sur "la barrière de sécurité" ; Rapport sur la situation économique palestinienne publié par la Banque mondiale (mars 2003) ; Rapport sur les conséquences des bouclages des activités économiques des populations palestiniennes (1er janvier- 30 juin 2002) (format pdf).

Vendredi 3 octobre 2003 : Le cabinet du Premier ministre Ariel Sharon a lancé un appel d'offres publique pour la construction de 580 logements supplémentaires dans 3 colonies juives de Cisjordanie. ** Le ministre des Affaires étrangères Sylvan Shalom a indiqué que "dans les 6 mois" la clôture de sécurité incluerait la colonie d'Ariel où vivent près de 20 000 colons juifs, dont plus de 40 % sont des immigrants en provenance de l'ex-URSS. ** Le pays est paralysé par une grève massive dans le secteur public. Ce mouvement touche de plein fouet le secteur portuaire. Les fonctionnaires craignent un changement d'autorité dans ce secteur et des licenciements massifs. De nombreux cargos sont immobilisés au large des côtes israéliennes.

Samedi 4 octobre 2003 : Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Moshe Yaalon, a décidé vendredi "d'assouplir les consignes de tirs" données aux militaires israéliens près de la "clôture de sécurité" pour empêcher tout Palestinien de s'infiltrer en Israël et de perpétrer des actes de sabotage. A Qabatiyeh, dans le nord de la Cisjordanie, les soldats israéliens qui recherchaient "des fugitifs" ont ouvert le feu près d'une cafeteria blessant par balles 3 Palestiniens. 2 d'entre eux étaient des électriciens qui effectuaient des travaux.

Lundi 6 octobre 2003 : Une kamikaze palestinienne de 29 ans s'est fait exploser samedi avec la bombe qu'elle transportait dans un café-restaurant, à Haïfa faisant 19 morts dont 5 enfants et la kamikaze et une cinquantaine de blessés. L'attentat a été revendiqué par le Jihad Islamique. La communauté internationale a condamné à l'unanimité cet attentat. ** Pour la première fois depuis 20 ans, et en riposte à l'attentat-suicide d'Haïfa, l'armée israélienne a lancé un raid aérien dans la nuit de samedi à dimanche contre un camp supposé entraîné des membres du Jihad Islamique, situé à Aïn Saheb, à 15 km de Damas, en Syrie. Les autorités syriennes affirment que ce camp abrite des réfugiés palestiniens. Un porte-parole du Jihad Islamique a démenti avoir des militants en Syrie. Selon un communiqué de l'armée israélienne : "le Jihad islamique palestinien, comme d'autres organisations terroristes, bénéficient du soutien et de l'aide des pays dans la région, notamment de l'Iran et de la Syrie. La Syrie est un pays qui finance le terrorisme et tente constamment de saboter tout effort destiné à réaliser rapidement la stabilité dans la région". ** Damas a déposé plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU. ** La communauté internationale a condamné à l'unanimité ce raid. La Russie dit "craindre un élargissement géographique du conflit". Le président égyptien Moubarak a dénoncé "une agression contre un pays frère". Le ministre français des Affaires étrangères a condamné ce raid qui ""constitue une violation inacceptable du droit international et des règles de souveraineté". La Grande-Bretagne estime pour sa part qu'Israël a le "droit de se défendre contre les attentats mais doit respecter le droit international." La Jordanie et l'Inde ont également condamné cette intervention. ** Après le raid israélien en Syrie, le Conseil de sécurité de l'ONU, présidé pour le mois d'octobre par les Etats-Unis, s'est réuni en séance publique dimanche soir, à la demande de la Syrie qui a présenté un projet de résolution "condamnant l'injustifiable attaque d'Israël, qui peut avoir d'incalculables conséquences, non seulement pour la région mais pour le monde". S'adressant à la presse, le représentant israélien à l'ONU Dan Gillerman s'est dit, "outré et consterné" que le Conseil de sécurité ait décidé de se réunir à quelques heures du début de Yom Kippour (Le jour du Grand Pardon pour les Juifs).

Mercredi 8 octobre 2003 : A l'occasion du 30ème anniversaire de la Guerre du Kippour qui se déroula du 6 au 25 octobre 1973, et dans une allocution retransmise en direct à la radio israélienne, le premier ministre Ariel Sharon est intervenu pour la première fois après le raid de dimanche contre la Syrie et a déclaré : "Nous frapperons nos ennemis partout et par tous les moyens ; mais nous ne laisserons passer aucune ouverture ni aucune occasion de parvenir à la paix et à un accord avec nos voisins." Selon le chef d'état-major, Moshe Yalon, "ce raid est un avertissement à la Syrie responsable du terrorisme mené contre Israël à partir du Liban". Selon le ministre d'extrême-droite, Avigdor Liebermann : "Après les tirs à la frontière libanaise qui ont causé la mort d'un soldat, Israël aurait dû envahir le Liban et la Syrie. Nous nous sommes fixés des règles de jeu qui aujourd'hui ne tiennent plus debout. Aucun pays au monde accepterait d'être pris en otage par des kamikazes". La presse israélienne, elle, est critique à l'encontre d'Ariel Sharon à qui elle reproche d'avoir "ouvert la boîte de Pandorre et de risquer une escalade militaire dangereuse pour l'ensemble du Proche-Orient". Plus de détails : Un dossier très complet sur la guerre du Kippour ; Carte de la guerre d'octobre 1973.

Vendredi 10 octobre 2003 : Selon la radio publique, 4 unités de réservistes vont être déployées à partir du 22 octobre 2003 en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza en vue de renforcer la lutte contre les attentats. D'après le quotidien Ha'aretz, l'expulsion des familles de Palestiniens impliqués dans des attentats contre des civils israéliens va reprendre dans les prochains jours. Un groupe de 25 Palestiniens serait d'ores et déjà concerné. CISJORDANIE : 2 soldats israéliens et un Palestinien ont été blessés jeudi à un poste militaire près de Tulkarem où un kamikaze s'est fait exploser avec la bombe qu'il transportait. Les Brigades des Martyrs d'Al Aqsa ont revendiqué cet attentat.

Mercredi 15 octobre 2003 : 15 Palestiniens en détention administrative (NDLR. Emprisonnés sans jugement ni acte d'accusation pour une durée de six mois renouvelables indéfiniment) soupçonnés d'implication dans des "actes terroristes", vont être expulsés vers la Bande de Gaza. Ils ont 48 heures pour faire appel de cette décision devant la Cour suprême qui généralement confirme la décision estimant "quil ne s'agit pas d'un "bannissement", mais d'un "déplacement". 25 autres Palestiniens sont menacés par la même mesure. L'armée israélienne estime que l'expulsion de Palestiniens et la destruction de leurs maisons sont des mesures dissuasives pour les personnes préparant des attentats. Les associations israéliennes et internationales dénoncent régulièrement ces sanctions comme des violations du droit international (4e Convention de Genève de 1949) et des droits de l'homme. ** Le Conseil de sécurité a condamné mardi soir à une large majorité des pays membres la construction par Israël de la "clôture de sécurité" qui sépare l'Etat hébreu de la Cisjordanie estimant qu'elle "ne contribuait pas à la recherche d'une solution pacifique au conflit".

Jeudi 16 octobre 2003 : Après avoir reçu l'approbation de 10 des 15 pays membres du conseil de sécurité de l'ONU, le projet de résolution de l'ONU déposé par la Syrie au nom des Etats arabes visant à condamner Israël pour la construction de la "clôture de sécurité" qui sépare l'Etat hébreu de la Cisjordanie, a été bloqué par le droit de veto de Washington. L'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Bulgarie et le Cameroun se sont abstenus. Le texte qualifiait la ligne de sécurité israélienne d'"illégale" au regard du droit international et demandait que sa construction soit "arrêtée". C'est la 78ème fois que les Etats-Unis bloquent le vote devant Conseil de sécurité d'un projet de résolution condamnant Israël . La majorité des pays membres avaient condamné mercredi ce "mur" estimant qu'il "ne contribuait pas à la recherche d'une solution pacifique au conflit".

Samedi 18 octobre 2003 : Le Premier ministre Ariel Sharon s'est dit opposé vendredi dans une interview au "Jerusalem Post" à l'expulsion du président palestinien Yasser Arafat estimant que cette mesure "ne serait pas bonne pour Israël. La probabilité de l'expulser sans le blesser est faible, pas seulement à cause de ses gardes de sécurité, mais parce qu'il serait entouré par une chaîne humaine d'Israéliens". Il n'a pas exclu une nouvelle frappe sur la Syrie. Rappelons que le Premier ministre avait accepté le 12 septembre dernier un accord de principe visant à procéder à l'expulsion de Yasser Arafat (voir notre article du 12 septembre). ** Le rapporteur spécial de l'ONU sur le Droit à l'alimentation, le sociologue suisse Jean Ziegler, a présenté mercredi son rapport sur la situation alimentaire dans les territoires palestiniens sous occupation israélienne. Ce rapport, réalisé à la demande de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, parle de "catastrophe alimentaire" : "près de 60 % des Palestiniens vivent aujourd'hui dans une pauvreté aiguë. 22 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition grave (susceptible de laisser des séquelles permanentes), dans une région qui dispose pourtant de nombreux atouts pour développer une agriculture florissante." Jean Ziegler a ajouté : "la principale raison à cette situation réside dans le bouclage draconien des territoires occupés, les multiples entraves aux déplacements des Palestiniens, les destructions en tous genres (maison, cultures, infrastructures...), la confiscation des terres, etc." concluant : "Le gouvernement israélien dans les territoires palestiniens occupés viole le Droit à l'alimentation" l'accusant de " provoquer la faim et la malnutrition, en effet secondaire pervers de mesures sécuritaires ". Israël a violemment réagi à la publication de ce rapport qui a été "présenté à la presse avant même d'avoir été examiné par les autorités israéliennes" et a demandé la révocation de Jean Ziegler de son poste de rapporteur spécial.

Lundi 20 octobre 2003 : Un haut responsable a menacé samedi la Syrie de nouvelles actions si elle ne suspendait pas son soutien accordé aux "groupes terroristes". ** L'armée israélienne a commencé à déployer des réservistes dans les territoires palestiniens à la suite de "menaces d'attentats".

Mardi 21 octobre 2003 : Dans un discours devant la Knesset (parlement), le Premier ministre Ariel Sharon a indiqué que "le président Yasser Arafat est le principal obstacle à la paix au Proche-Orient". Il a ajouté qu'Israël "était résolu à écarter le président palestinien de la scène politique". Il a appelé l'Autorité Palestinienne à démanteler "les groupes terroristes" et a annoncé l'accélération des travaux pour la construction du mur de sécurité qui doit séparer l'Etat hébreu de la Cisjordanie. Le chef de l'opposition travaillliste Shimon Pérès a accusé Ariel Sharon "d'avoir raté toutes les opportunités pour faire la paix avec les Palestiniens". ** La Ligue Arabe a annoncé la tenue mardi d'une séance extraordinaire en vue d'examiner "l'escalade de l'agression israélienne contre le peuple palestinien". ** 'Assemblée générale de l'ONU a ouvert lundi soir deux sessions extraordinaires portant sur l'examen de deux projets de résolution, présentés par le Groupe arabe et les pays non alignés, portant sur une condamnation de la construction du "mur de sécurité" devant séparer l'Etat hébreu de la Cisjordanie et "les actions illégales d'Israël dans les territoires sous souveraineté palestinienne". Le représentant palestinien à l'ONU, Nasser al-Kidwa, a qualifié de "crime immense contre l'humanité" la construction de cette clôture de sécurité.

Mercredi 22 octobre 2003 : Le vice-Premier ministre Ehud Olmert a qualifié de "pénible" le grand nombre de victimes civiles après les raids dans les territoires palestiniens, ajoutant que la poursuite des frappes, particulièrement "à la lumière des actes meurtriers commis par des groupes terroristes" se poursuivra. ** Inauguration mardi à Jérusalem de la première université qui accueillera des étudiants chrétiens, juifs et musulmans. Selon Elias Chakou, prêtre palestinien, fondateur et directeur de cette Université du prophète Elias, le but de cette université est "d'amener ensemble des jeunes chrétiens, des jeunes musulmans et des juifs à préparer l'avenir commun de leurs enfants". ** En session extraordinaire mardi au Caire en Egypte, en vue d'examiner "l'escalade de l'agression israélienne contre le peuple palestinien", le secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, a déclaré : "Il est absurde de parler de paix tant qu'Israël continue de construire le mur de sécurité". Des manifestations ont lieu tous les jours sur les campus universitaires pour protester contre la construction de ce mur. Les manifestants promettent d'intensifier leur mouvement alors que le secrétaire d'Etat américain Colin Powell est attendu mercredi à Charm El Cheikh où il rencontrera le président Hosni Moubarak. Le Premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, sera également en Egypte pour discuter de la "dégradation de la situation".

Jeudi 23 octobre 2003 : L´Assemblée générale des Nations-Unies a adopté à la majorité mardi dans la nuit une résolution qui exige "qu'Israël arrête et inverse les travaux de construction de ce mur qui s'écarte de la Ligne d'armistice de 1949 et est contraire aux dispositions pertinentes du droit international" à l´issue d´un vote par 144 voix pour, 4 contre (Etats-Unis, Israël, Iles Marshall et Micronésie) et 12 abstentions. Ce texte a été adopté dans le cadre de la dixième session extraordinaire d'urgence de l´Assemblée consacrée aux mesures illégales prises par Israël à Jérusalem-Est occupée et dans le reste du territoire palestinien occupé. Le texte de la résolution, qui a été présenté par l´Italie, au nom de l´Union européenne, précise que l´Assemblée est particulièrement "préoccupée par le fait que le tracé prévu pour le mur que construit Israël, la puissance occupante, dans le territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem-Est et aux alentours, risque de préjuger des négociations futures et de rendre la solution des deux Etats physiquement impossible à appliquer et rendrait la situation humanitaire encore plus difficile pour les Palestiniens." L'Assemblée condamne "en particulier les attentats-suicide et leur récente intensification, avec l'attaque qui a eu lieu à Haïfa, ainsi que l'attaque à la bombe perpétrée dans la bande de Gaza, entraînant la mort de trois agents de la sécurité des Etats-Unis." La résolution engage également "les deux parties à s'acquitter de leurs obligations en vertu des dispositions pertinentes de la Feuille de route et demande à l'Autorité palestinienne de déployer des efforts visibles sur le terrain pour arrêter, désorganiser et dissuader les individus et les groupes qui exécutent et planifient des attaques violentes." Le représentant d´Israël a dénoncé une "farce humiliante". Rappelons toutefois que les résolutions adoptées par l'Assemblée générale des Nations-Unies ne sont pas contraignantes pour les pays incriminés. ** Les autorités israéliennes ont d'ores et déjà rejeté cette résolution. Le vice-premier ministre, Ehud Olmert a déclaré : "Nous ne tiendrons pas compte de la majorité automatique à l'ONU qui nous est systématiquement hostile. Le monde entier est contre nous et les Etats-Unis, et je suis fier d'être aux côtés des Américains. De toute façon, la résolution des Nations unies n'est pas contraignante". ** Le ministre de la sécurité intérieure, Tzahi Hanegbi, a effectué une visite mercredi sur l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem provoquant la colère des Palestiniens qui ont dénoncé "une provocation".

Vendredi 24 octobre 2003 : Le ministère des Infrastructures a lancé, jeudi, un appel d'offres pour la construction de 323 nouveaux logements dans deux colonies juives de peuplement en Cisjordanie malgré le gel de toute activité de colonisation prévue par la feuille de route. ** Le Premier ministre Ariel Sharon a qualifié de "plus dangereuse que les accords d'Oslo" "l'initiative de Genève", plan de paix non officiel élaboré le 12 octobre dernier à Amman en Jordanie par des personnalités palestiniennes et des membres de la gauche israélienne sous l'impulsion de la Suisse pour tenter de trouver des moyens en vue de relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Un "pacte symbolique" sera signé à Genève le 4 novembre prochain. Selon cet accord, les Palestiniens renoncent au droit au retour en Israël des réfugiés palestiniens et mettent définitivement fin au conflit. Le document engage Israël à un partage de souveraineté sur Jérusalem et à restituer aux Palestiniens 97,5 % de la Cisjordanie. Le négociateur palestinien Saeb Erakat a critiqué Ariel Sharon l'accusant de "vouloir non seulement refuser d'appliquer la feuille de route mais aussi de l'enterrer définitivement".

Samedi 25 octobre 2003 : Mohamed ElBaradeï, directeur de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA), a déclaré vendredi qu'Israël "serait prêt une fois la paix établie au Proche-Orient à renoncer à toutes les armes atomiques dont il pourrait disposer". Rappelons qu'Israël n'a jamais admis publiquement posséder des armes nucléaires. Selon les experts, l'Etat hébreu possèderait entre 100 à 200 missiles nucléaires. Israël a signé, mais non ratifié, le Traité d'interdiction des essais nucléaires en 1996. Aucune inspection n'a été entreprise par l'AIEA sur le programme d'armes nucléaires présumé d'Israël. L'agence a uniquement mené par le passé des inspections limitées sur un réacteur de recherche en Israël. Selon le directeur de l'AIEA, "les pays arabes se plaignent de devoir ouvrir leurs programmes nucléaires aux inspections de l'AIEA pour prouver qu'ils ne développent pas d'armes atomiques alors qu'il est communément admis qu'Israël dispose déjà d'un arsenal nucléaire." Plus de détails : L'arsenal nucléaire d'Israël que n'ont jamais contrôlé ni l'ONU ni l'AIEA ; Qui expertisera l'arsenal nucléaire d'Israël ? Israël : armes secrètes ; Israël sommé de signer le Traité de non-prolifération nucléaire ; Arsenal nucléaire d'Israël en 2002 (données du SIPRI Stockholm International Peace Research Institute) ; Mordechaï Vanunu prisonnier d'opinion détenu en Israël depuis 18 ans.

Lundi 27 octobre 2003 : Le ministre de la Justice Yossef Lapid, chef des modérés du parti centriste Shinouï, a déclaré lors de la réunion du Cabinet israélien que le gouvernement devait étudier sérieusement le retrait de Netzarim de la Bande de Gaza. Le ministre de l'Intérieur Avraham Poraz, également membre du Shinouï, a jugé que "l'Etat hébreu devrait évacuer toutes les colonies isolées de la Bande de Gaza, Netzarim, Moraq et Kfar Darom, pour ne laisser que les plus grandes implantations du nord et du sud du territoire." L'universitaire Shlomo Avineri a estimé, dans une interview au quotidien "Yediot Ahronot", qu'il était temps d'évacuer Netzarim : "Les cinq millions de juifs qui vivent dans l'Etat d'Israël ont le droit et l'obligation morale de dire quelque chose de simple, mais d'assez difficile (...) aux familles qui vivent à Netzarim : rentrez à la maison". Le Premier ministre Ariel Sharon estime néanmoins qu'un retrait de Netzarim "constituerait un aveu de faiblesse et encouragerait la violence palestinienne" tandis que Zvi Fogel, un ancien général qui dirigeait le commandement sud de l'armée israélienne, a affirmé sur la radio israélienne que la colonie de Netzarim doit rester un "os dans la gorge" des Palestiniens.

Mardi 28 octobre 2003 : Le ministère de la Défense a entamé une procédure de légalisation de 5 colonies illégales installées en Cisjordanie. Elles vont ainsi changer de statut et obtenir le titre de "colonies permanentes", ce qui va leur permettre l'octroi de crédits pour l'éducation, les infrastructures et le dispositif de sécurité. L'Autorité Nationale Palestinienne a aussitôt dénoncé cette mesure accusant Israël "de vouloir enterrer la feuille de route". Rappelons que la feuille de route préconise que "le gouvernement d'Israël démantèle immédiatement les colonies érigées depuis mars 2001 et conformément au rapport Mitchell, le gouvernement d'Israël gèle toute activité de colonisation (même lorsqu'il s'agit de l'expansion naturelle des colonies)." ** Selon la radio militaire israélienne, le procureur général d'Israël Elyakim Rubinstein a autorisé dimanche la police à interroger le Premier ministre Ariel Sharon sur deux affaires de corruption impliquant ses deux fils, liées au financement illégal de la campagne électorale de 1999. ** Selon le porte-parole de l'ONU, le Secrétaire général, Kofi Annan, “a fermement déploré” la destruction, samedi soir, de 3 immeubles de 13 étages par les forces armées israéliennes dans la bande de Gaza et toutes les actions qui contribuent à nourrir et intensifier le conflit”. Kofi Annan a également rappelé aux autorités israéliennes que “les démolitions de maisons équivalent à une punition collective, ce qui est une violation évidente du droit humanitaire international”. Le Coordonnateur spécial de l' ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Terje Roed-Larsen, a quant à lui déclaré que "la destruction des immeubles était non seulement illégale et en violation du droit international, mais allait également à l´encontre de tous les efforts entrepris par Israël pour garantir sa sécurité du fait qu´elle ne pouvait générer chez les Palestiniens que la colère et le désespoir."

Mercredi 29 octobre 2003 : Dans une déclaration reprise par la radio militaire, le ministre de la Défense, Shaul Mofaz, a déclaré que "le groupe de guérilla palestinien Hezbollah, basé au Liban, était en train de programmer une attaque massive contre la partie nord d'Israël" d'après des informations fournies par les services de renseignements israéliens. ** 6,6 millions d'Israéliens étaient appelés aux urnes mardi pour un scrutin municipal. Selon un sondage à la sortie des urnes, le parti Likoud du Premier ministre Ariel Sharon ne subirait pas le revers annoncé suite à une conjoncture économique désastreuse et la multiplication des attentats-suicide. Selon un responsable "le Likoud sera probablement affaibli aujourd'hui, mais d'un point de vue plus global ce n'est pas important". ** Un tribunal militaire a condamné mardi à la prison à vie un activiste du mouvement Hamas, Mazen Foukha, pour avoir organisé en août 2002 un attentat suicide dans le nord d'Israël qui avait fait 9 morts dont son auteur. Mazen Foukha a nié son implication dans cet attentat. Rappelons que la peine capitale pour terrorisme (crime exceptionnel) est prévue dans les textes de loi israéliens, mais les procureurs ont pour instruction de ne pas la requérir. Pour les autres crimes, la peine de mort a été abolie en 1964.

Jeudi 30 octobre 2003 : Les autorités ont allégé mercredi le bouclage des territoires autonomes palestiniens en permettant à 4 000 commerçants palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza et 1 500 ouvriers palestiniens à se rendre en Israël et autorisant la reprise des transports urbains. ** Le ministre de l'Intérieur, Avraham Poraz a indiqué mercredi que le taux de participation aux élections régionales de mardi a été le plus faible jamais enregistré dans l'histoire de l'Etat hébreu. 40 % des 3,6 millions d'électeurs (et non 6,6 comme indiqué dans notre édition de mercredi) se sont rendus aux urnes. La plupart des maires sortant, issus principalement du parti Likoud d'Ariel Sharon ont été réélus à leur poste et conservent 84 des 156 municipalités. En 1997, le taux de participation s'élevait à près de 60 %.

Vendredi 31 octobre 2003 : Après la publication dans la presse israélienne mardi, des propos d'un "haut responsable militaire" (NDLR. Le général Moshe Yaalon, qui critiquait la politique du Premier ministre Ariel Sharon dans les territoires palestiniens jugeant que le maintien du blocus dans les territoires favorisent la rancoeur, la montée de l'extrêmisme et l'anarchisme, le Premier ministre Ariel Sharon a, selon les médias, convoqué immédiatement le chef d'état-major, le général Moshe Yaalon, lui demandant soit sa démission, soit des excuses. Le général Yaalon préconisait des "mesures d'assouplissement dans les territoires palestiniens, dont la levée du couvre-feu dans des secteurs calmes et le transfert de certaines zones sous contrôle palestinien pour faciliter la tâche du nouveau premier ministre Ahmed Qoreï." Après une mise au point avec son chef d'état-major, Ariel Sharon a indiqué que "l'affaire était close". ** Vincent Bernard, coordinateur en communication au siège du CICR à Jérusalem, a annoncé jeudi que le Comité International de la Croix Rouge arrêtera dès la mi-novembre la distribution de vivres et de coupons de ravitaillement aux populations de Cisjordanie : "Ce n'est pas le rôle du CICR de se substituer à la puissance occupante (Israël) pour assurer aux populations palestiniennes ses besoins de première nécessité. Le CICR a pendant un an et demi répondu à une situation d'urgence. Mais cette situation d'urgence se poursuit, c'est en conséquence à la puissance occupante d'assumer ses responsabilités, de se conformer aux Conventions de Genève, notamment à la 4e sur la protection des populations civiles en temps de guerre" ajoutant "le CICR ne peut répondre à une crise économique à long terme. L'assistance humanitaire n'est pas à même de la résoudre."




 

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