SOMMAIRE

ISRAEL,
FIL-INFO-ISRAEL ©, ARCHIVES, JUILLET 2004



Jeudi 1er juillet 2004 : La Cour surpême présidée parle juge Aharon Barak a estimé mercredi dans un arrêt que la "marge supplémentaire de sécurité obtenue par le tracé actuel de la barrière n'est pas égale aux atteintes aux droits et intérêts" des 35 000 Palestiniens de Cisjordanie et ordonne la modification du tracé du mur de sécurité. La droite a accusé "la plus haute instance du pays de faire de la politique". Le ministre de la Défense Shaul Mofaz a affirmé qu'il respecterait la décision de la Cour tandis que le ministre de la Santé, Dany Naveh, du Likoud (parti du Premier ministre Ariel Sharon) déclarait : "Le meurtre de femmes et d'enfants en Israël est plus important (...) qu'une certaine atteinte à la qualité de vie des Palestiniens". Certains députés du Likoud proposent de faire voter une loi permettant de contourner les décisions de la Cour suprême. ** L'Association pour les Droits Civiques en Israël a dénoncé mercredi dans son rapport annuel 2004 les violations des droits de l'homme par Israël dans les territoires palestiniens occupés qui ont atteint un niveau sans précédent.

Vendredi 2 juillet 2004 : La Cour suprême d'Israël a ordonné à l'armée de suspendre la construction d'un segment du mur de sécurité près du village de Noumane, dans les faubourgs de Jérusalem-Est. La Cour a également interdit provisoirement à la police, et jusqu'à ce qu'elle rende un avis définitif, d'arrêter des habitants du village sous le motif "d'entrée illégale en Israël". ** Le Premier ministre Ariel Sharon, cité par le quotidien "Haaretz", a déclaré jeudi que le tracé de la barrière de sécurité construite par Israël en Cisjordanie sera modifié conformément à l'arrêt de la Cour suprême. ** Othman Younès, 27 ans, habitant à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, militant des Brigades des Martyrs al Aqsa, a été reconnu coupable d'avoir organisé il y a 2 ans l'attaque contre une colonie où 5 Israéliens avaient été tués. Il a été condamné à 4 peines de prison à vie par un tribunal militaire.

Samedi 3 juillet 2004 : L'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a indiqué vendredi que l'actrice et militante des droits de l'homme Vanessa Redgrave, qui effectue actuellement sa première visite en Palestine, a lancé à Jérusalem, au cours d'une conférence de presse, un "appel aux donateurs pour qu'ils répondent de façon plus substantielle à l'appel d'urgence 2004 de l'agence de l'ONU pour les réfugiés en Palestine, qui n'a recueilli pour l'instant que des promesses de contributions ne couvrant que 30 % des besoins." L'actrice qui milite depuis près de 30 ans en faveur de la paix et de la justice au Moyen-Orient, est également Ambassadrice de bonne volonté de l'UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance. Elle a visité des camps de réfugiés et un dispensaire géré par l'UNRWA et participé à des discussions communautaires de femmes qui ont porté sur les difficultés de leurs vies sous occupation israélienne. ** Le ministre de la Défense, le général Shaul Mofaz, a annoncé vendredi que l'armée israélienne resterait déployée dans le nord de la Bande de Gaza, principalement à Beit Anoun, où les roquettes Qassam sont tirées sur Israël par la résistance palestinienne, jusqu'au retrait israélien prévu fin 2005.

Lundi 5 juillet 2004 : La radio publique a annoncé samedi que "le ministre des Affaires étrangères Sylvan Shalom a demandé aux Etats-Unis de mettre leur veto sur toute résolution du Conseil de sécurité contre la ligne de séparation qu'Israël érige en Cisjordanie". Sylvan Shalom est en visite à Washington où il a rencontré la conseillère à la sécurité nationale du président Bush, Condoleeza Rice, qui a renouvelé les demandes de Washington de démantèlement des colonies sauvages de Cisjordanie. Israël a transmis mardi aux Américains, avec 6 semaines de retard, une liste de colonies sauvages qui devaient être démantelées. Cette liste recense seulement 28 colonies dont seules 7 ont été démantelées. Selon le mouvement La Paix maintenant, il existe 103 colonies sauvages en Cisjordanie, dont 56 ont été créées après l'arrivée au pouvoir du premier ministre Ariel Sharon. ** Le député arabe israélien Azmi Bichara a commencé samedi une grève de la faim dans le village d'Al-Ram, à la périphérie nord de l'agglomération de Jérusalem, pour protester contre la construction du mur de sécurité, qu'il a qualifiée de "crime". ** Après la visite, le 29 juin 2004, du ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier, qui a rencontré le président palestinien Yasser Arafat, assigné à résidence depuis décembre 2001, le Premier ministre Ariel Sharon a dénoncé "le comportement inamical du gouvernement français" envers son pays. Ariel sharon a fait cette déclaration devant une délégation d'élus français de droite, du centre et de gauche, qu'il a reçus dans ses bureaux à Jérusalem, dont les ambassadeurs de France en Israël, Gérard Araud, et d'Israël en France, Nissim Zvili. La presse n'a pas été conviée à cette rencontre. Le Premier ministre estime "qu'Arafat est l'obstacle principal aux réformes nécessaires de l'Autorité palestinienne. Il joue sur la stratégie du terrorisme" ajoutant : "De plus en plus de gouvernements dans le monde, notamment arabes, refusent de rencontrer Arafat. Cette rencontre lui donne de l'oxygène politique, alors qu'il faut qu'il soit placé dans un isolement total pour permettre l'émergence de nouveaux dirigeants palestiniens".

Mardi 6 juillet 2004 : Le directeur de l'Agence Internationale à l'Energie Atomique, Mohamed ElBaradei, est attendu mardi dans le pays. Selon son porte-parole, il devrait mettre l'accent sur "la nécessité du dialogue dans la région notamment sur les questions de sécurité et nucléaires". Israël n'a jamais reconnu disposer de l'arme nucléaire. Selon les experts internationaux, "Israël continuerait aujourd'hui à produire des armes nucléaires, et pourrait déjà disposer jusqu'à 300 têtes nucléaires, ainsi que des capacités d'en produire rapidement grâce à une technologie et un savoir-faire avancés."

Mercredi 7 juillet 2004 : e directeur de l'AIEA (Agence Internationale à l'Energie Atomique), Mohamed El Baradei, a indiqué mardi que "le but de sa visite en Israël est d'examiner la possibilité d'établir un dialogue stratégique sur la paix dans la région". Le Premier ministre Ariel Sharon a déclaré que "son pays maintiendrait sa politique d'ambiguïté sur ses capacités nucléaires : "Je ne sais pas ce qu'il vient voir (NDRL. Mohamed ElBaradei). Israël est obligé de détenir entre ses propres mains toutes les composantes de la force nécessaires à sa défense". Plus de détails : Israël et l'arme nucléaire ; Les doctrines nucléaires ; Arsenaux des puissances nucléaires. ** Le Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU à l'origine de la Feuille de route, plan de paix visant à régler le conflit israélo-palestinien) s'est réuni pendant 3 heures au quartier général de l'ONU à Jérusalem-est. Les discussions ont porté sur le plan israélien de retrait de la Bande de Gaza. Le secrétaire d'Etat américain adjoint pour le Proche-Orient David Satterfield, l'émissaire russe Alexandre Kalouguine, l'envoyé spécial de l'Union européenne Marc Otte et le coordinateur de l'ONU pour le Proche-Orient, Terje Roed-Larsen, qui participaient à la réunion, ont réitéré "leur ferme appui aux efforts menés par l'Egypte pour aider les 2 parties à mener à bien l'initiative israélienne de retrait de Gaza". Les 4 diplomates, qui doivent rencontrer mercredi le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï, n'ont pas fait de déclaration à la presse à l'issue de la réunion. ** Plusieurs détenus palestiniens se sont mutinés mardi dans une prison du nord d'Israël pour protester contre leurs conditions de détention. La principale association de défense des détenus palestiniens a affirmé dans un communiqué que 20 détenus avaient été blessés quand les membres de l'unité anti-émeute de l'administration pénitentiaire israélienne ont dispersé les prisonniers à coups de matraque et de gaz lacrymogènes.

Jeudi 8 juillet 2004 : Le ministre de l'Intérieur Avraham Poraz (Parti Shinouï) a surpris les députés de la Knesset (parlement) en annonçant son intention de légaliser la prostitution. Le ministre a rappelé les conditions de vie de certaines prostituées "qui sont traitées comme des bêtes par les proxénètes qui les exploitent sauvagement".

Samedi 10 juillet 2004 : Le directeur de l'AIEA (Agence Internationale à l'Energie Atomique), Mohamed ElBaradei, a achevé jeudi sa visite en Israël indiquant que le Premier ministre Ariel Sharon lui a affirmé que "la politique israélienne consistait toujours à attendre avec impatience, dans le contexte de la paix au Moyen-Orient, l'instauration d'une zone exempte d'armes nucléaires." Au cours de son séjour, le directeur général de l'AIEA s'est également entretenu avec d'autres membres du Cabinet israélien, des responsables de la Commission sur l'énergie atomique d'Israël et a donné une conférence à l'Institut Leonard Davis sur les relations internationales de l'Université hébraïque de Jérusalem. Voir le communiqué de l'AIEA (en anglais). PAYS-BAS : Dans l'affaire des "Conséquences juridiques de l'édification d'un mur dans le Territoire palestinien occupé", la Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye, principal organe judiciaire de l'ONU, a rendu vendredi un avis consultatif négatif et non contraignant sur la légalité de la ligne de séparation construite par Israël "la puissance occupante" en Cisjordanie, l'estimant contraire à la loi internationale : "Israël a l'obligation de cesser immédiatement les travaux de construction du mur en cours dans le territoire palestinien occupé, notamment dans et autour de Jérusalem-est, et de démanteler immédiatement ce qui a déjà été construit". La Cour réclame également que les Palestiniens qui ont subi des dommages du fait de la construction de l'ouvrage soient indemnisés. L'avis de la Cour a été pris à la quasi unanimité des juges, à 14 voix contre 1, celle du représentant américain qui a voté contre. Commencée en juin 2002, la construction de la ligne de séparation, prévue sur 730 km, financée par des prêts des Etats-Unis pourrait coûter au total 3,4 milliards de dollars et s'achever avant fin 2005. Le président palestinien Yasser Arafat a salué "une victoire pour le peuple palestinien" tandis qu'Israël dénonce "une décision qui ne tient pas compte de la menace terroriste ; c'est un jugement politique". La gauche pacifiste israélienne a appelé le gouvernement Sharon à "respecter le droit international et à se conformer aux décisions du tribunal de La Haye". Plus de détails : Le texte officiel de la Cour sur les Conséquences juridiques de l'édification d'un mur dans le Territoire palestinien occupé ; Communiqué de l'Ambassade d'Israël en France ; Le mur de la Honte ; Le mur de séparation.

Lundi 12 juillet 2004 : Un attentat à la bombe, le premier mortel depuis le mois de mars 2004, a été perpétré à Tel Aviv dimanche à un arrêt de bus. Une femme soldat israélienne de 19 ans a été tuée et 32 autres personnes blessées dont 5 dans un état grave. L'attentat a été revendiqué par les Brigades des Martyrs Al Aqsa. Le président palestinien Yasser Arafat a condamné cet attentat ajoutant que les services secrets israéliens étaient impliqués dans cette action. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a déclaré lors d'une réunion dimanche de son cabinet ministériel : "L'Etat d'Israël rejette totalement l'avis de la CIJ (Cour Internationale de Justice). Il s'agit d'un avis unilatéral (..) qui ignore totalement la raison de la construction de la barrière de sécurité qui est le terrorisme palestinien" ajoutant "Il y a une heure, une Israélienne a été assassinée par des terroristes palestiniens criminels (...) Ce meurtre survenu ce matin est le premier commis sous le patronage de l'avis de la Cour internationale de Justice de La Haye". ** Après une réunion dimanche avec le vice Premier ministre et ministre du Commerce et de l'Industrie, Ehud Olmert, le ministre de la Défense, le général Shaul Mofaz, le chef de la diplomatie Sylvan Shalom, le ministre de la Justice Yossef Lapid et le ministre des Finances Benjamin Netanyahu, le Premier ministre Ariel Sharon a ordonné la poursuite de la construction du mur de sécurité malgré la décision de la Cour Internationale de Justice qui a déclaré cette construction illégale.

Mardi 13 juillet 2004 : Le Premier ministre Ariel Sharon a rencontré lundi le chef du parti travailliste, Shimon Perès, Prix Nobel de la Paix, en vue de débuter des négociations visant à la formation d'un gouvernement d'unité nationale. Au Likoud, 11 députés ont menacé de voter contre l'entrée des Travaillistes au gouvernement. Le ministre des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, a indiqué qu'il ferait de même s'il était contraint de laisser son fauteuil ministériel à Shimon Peres.

Mercredi 14 juillet 2004 : Après le parti travailliste qui a accepté la proposition, le Premier ministre Ariel Sharon a pris contact mardi avec 2 partis ultra-orthodoxes, le Parti Shas et le Parti du judaïsme unifié de la Torah leur demandant d'ouvrir des négociations afin d'entrer dans un gouvernement d'union nationale. Ariel Sharon obtiendrait ainsi la majorité absolue qui lui permettrait d'adopter à la majorité son plan de retrait unilatéral de la Bande de Gaza. ** Des cartographes militaires ont commencé à dessiner de nouveaux tracés pour la "barrière de sécurité" afin de respecter l'arrêt rendu le mois dernier par la Cour suprême de l'Etat hébreu. Des responsables des services de sécurité israéliens ayant requis l'anonymat ont indiqué que les cartographes soumettront d'ici à 3 semaines 3 propositions de tracé au ministère israélien de la Défense ajoutant que "ces nouveaux plans seront tous sensiblement plus proches de la ligne verte (frontière qui séparait la Cisjordanie d'Israël avant la guerre de 1967). L'Etat hébreu a tenu à préciser que cette modification du tracé se fondait sur les critères fixés le mois dernier par la Cour suprême israélienne, et non par l'avis rendu vendredi par la Cour internationale de justice (CIJ). La Cour suprême israélienne a ordonné le 30 juin 2004, la modification du tracé de la "barrière de sécurité" qu'Israël construit depuis 2 ans en territoire palestinien pour se protéger des "attaques terroristes". L'arrêt concerne une portion d'environ 40 km située au nord-ouest de Jérusalem et demande à l'armée de réviser le tracé sur une trentaine de kilomètres afin de limiter les atteintes portées aux 35 000 habitants des villages traversés par la clôture. "Le rapport entre le préjudice causé aux habitants et le bénéfice sécuritaire obtenu par la clôture telle qu'elle est envisagée par l'armée est disproportionné", indique l'arrêt, qui souligne "qu'en séparant les habitants de leurs terres, elle viole leurs droits selon la loi humanitaire internationale".

Jeudi 15 juillet 2004 : Le Premier ministre Ariel Sharon a officiellement demandé mercredi au Parti du Judaïsme unifié de la Torah, un parti religieux ultra-orthodoxe, de rejoindre son gouvernement.

Vendredi 16 juillet 2004 : Le ministère de la Défense a annoncé que plusieurs secteurs déjà construits de sa "barrière de sécurité" en Cisjordanie seront réaménagés "de façon à faciliter l'existence des Palestiniens" ajoutant que des nouvelles routes, tunnels et ponts destinés à soulager les difficultés de déplacement infligées aux Palestiniens seront construits. 11,1 millions de dollars seront dépensés à cet effet.

Samedi 17 juillet 2004 : Dans une interview au quotidien "Maariv", Shavit Mattias, conseillère du ministère de la Justice sur le droit et les traités internationaux, a indiqué qu'Israël "ne devait pas prendre à la légère l'avis de La Haye" (NDLR. Cour Internationale de Justice de La Haye qui a déclaré le 9 juillet illégale la construction de la barrière de sécurité qu'érige Israël dans les territoires palestiniens) ajoutant : "Il y a beaucoup de décisions juridiques qui doivent être examinées avec la plus grande attention". Elle a également souligné que "le refus de prendre en compte l'avis du tribunal de La Haye, pourrait avoir des conséquences économiques pour Israël".

Lundi 19 juillet 2004 : Le Premier ministre Ariel Sharon a rencontré dimanche le chef du parti travailliste Shimon Pérès afin de mettre sur pied un gouvernement d'union nationale. ** Lors d'une rencontre dimanche à Jérusalem avec des responsables d'organisations juives américaines, le Premier ministre Ariel Sharon a appelé les Juifs de France à "émigrer en Israël aussi vite que possible suite à une montée de l'antisémitisme le plus violent en France" ajoutant "je pense que la vie des Juifs ne peut être réussie qu'ici". Il a également indiqué : "En France aujourd'hui, environ 10 % de la population est musulmane et parallèlement à l'antisémitisme qui persiste en Europe, il y a maintenant là-bas une sorte d'antisémitisme différent, basé sur des sentiments anti-israéliens et sur la propagande".

Mardi 20 juillet 2004 : Adi Azar, 49 ans, juge à Tel Aviv, a été abattu lundi à bout portant par un homme armé près de son domicile. Les Brigades des martyrs d'Al Aqsa, un groupe palestinien supposé proche du Fatah du président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat, a revendiqué le meurtre, mais le ministre de la Justice Joseph Lapid a précisé que rien n'indiquait qu'il s'agisse "d'une attaque terroriste palestinienne". Il a déclaré : "C'est le premier meurtre d'un juge dans l'histoire d'Israël. Cela doit nous donner matière à réfléchir vers quoi la société israélienne se dirige."

Mercredi 21 juillet 2004 : Le porte-parole du gouvernement Avi Pazner a indiqué mardi que le différend diplomatique qui oppose le président français Jacques Chirac et le Premier ministre Ariel Sharon, qui a invité dimanche, lors d'une rencontre à Jérusalem avec des responsables d'organisations juives américaines, les juifs de France à venir en Israël "immédiatement" en désignant les Musulmans de France comme la source d'un "antisémitisme déchaîné" "n'était "qu'un simple malentendu culturel". La France "attend toujours les explications d'Israël". Malcolm Hoenlein, directeur de la Conférence des présidents des grandes organisations juives américaines, en visite de 2 jours en Israël, a déclaré que le "président Chirac a réagi de manière exagérée" aux propos d'Ariel Sharon ajoutant : "M. Chirac cherche peut-être à détourner l'attention de son échec à répondre à l'antisémitisme et à appréhender les responsables".

Jeudi 22 juillet 2004 : Raanan Gissin, conseiller du Premier ministre israélien Ariel Sharon, a indiqué mercredi qu'Israël n'interrompra pas la construction de la barrière de sécurité. Il a estimé que le vote de mardi de l'Assemblée générale de l'ONU témoignait de la "faillite des Nations Unies et de la tyrannie de la majorité au sein de son Assemblée générale : ses votes sont systématiquement défavorables à Israël parce que les pays arabes y détiennent la majorité". L'ambassadeur d'Israël auprès de l'ONU, Dan Gillerman, a réaffirmé que ce mur était destiné à sauver des vies et à empêcher les attentats terroristes palestiniens. A Washington, la Maison Blanche a qualifié la résolution de l'ONU de "partiale".

Vendredi 23 juillet 2004 : Le Premier ministre Ariel Sharon a rencontré à Jérusalem Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne en visite dans la région. Il lui a fait part de son "mécontentement" à la suite du vote des pays de la Communauté européenne en faveur de la résolution de l'ONU demandant le démantèlement de la "barrière de sécurité" qu'Israël érige en Cisjordanie. Le Premier ministre se dit prêt à exclure l'Union européenne dans le processus de paix au Proche-Orient déclarant : "Israël a intérêt à associer la communauté internationale, et plus particulièrement l'Europe, dans le processus (de paix) avec les Palestiniens. Mais sans un changement radical de la position européenne, en particulier en ce qui concerne la défense israélienne et son besoin de se défendre, cela sera difficile à faire." ** Lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, en présence de Javier Solana, le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, a indiqué : "Il m'est très difficile de convaincre le peuple israélien que l'Union européenne est un partenaire à qui nous pouvons faire confiance". Javier Solana a pour sa part déclaré : "Nous respectons le droit de chaque pays à construire une barrière sur son propre territoire, mais un tracé à travers les territoires occupés n'est pas compatible avec le droit international".

Samedi 24 juillet 2004 : Le haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), Javier Solana, a quitté le pays après avoir été la cible de vives critiques de la part du gouvernement israélien après le vote des pays de la Communauté européenne en faveur de la résolution de l'ONU demandant le démantèlement de la "barrière de sécurité" qu'Israël érige en Cisjordanie. Javier Solana a déclaré devant les médias israéliens : "L'Union européenne est "une puissance internationale très importante et va jouer un rôle que cela vous plaise ou non".

Lundi 26 juillet 2004 : Les services de sécurité israéliens ont révélé en début de semaine dernière "qu'entre 200 à 500 fanatiques juifs étaient prêts à tout, même à assassiner le Premier ministre Ariel Sharon, pour empêcher le démantèlement des colonies juives de la Bande de Gaza". ** Le ministre des Affaires étrangères Sylvan Shalom a lancé dimanche une campagne visant à empêcher l'entrée des Travaillistes au sein du gouvernement. ** L'ancien technicien nucléaire israélien Mordechaï Vanunu, libéré de prison en avril après 18 ans d'incarcération, a, au cours d'une interview à paraître lundi dans le supplément hebdomadaire du quotidien arabe Al-Hayat, mis en garde contre le risque que la centrale nucléaire de Dimona construite dans le sud d'Israël il y a 40 ans, devienne en cas d'accident "un deuxième Tchernobyl" par "l'infiltration de radiations nucléaires qui menacent des millions de personnes dans les pays voisins" ajoutant "la Jordanie doit soumettre ses habitants dans les régions frontalières avec Israël à des examens médicaux pour s'assurer de leur éventuelle irradiation et leur administrer les médicaments nécessaires". Il a également indiqué que ses révélations sur le potentiel nucléaire israélien "sont suffisantes pour considérer Israël comme un danger réel qui menace l'ensemble du Moyen-Orient" et a critiqué la visite début juillet du chef de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei en Israël déclarant : "Il aurait dû refuser de visiter Israël (dès lors) qu'il n'était pas autorisé à inspecter le réacteur nucléaire" de Dimona.

Mardi 27 juillet 2004 : La Haute Cour israélienne a refusé d'autoriser Mordechaï Vanunu, technicien nucléaire qui a révélé dans les années 1980 l'étendue du programme nucléaire militaire israélien, à quitter le pays. Libéré le 21 avril 2004 après avoir passé 18 ans en prison pour trahison, dont 11 ans en isolement, Mordechaï Vanunu est interdit de tout contact avec des étrangers, notamment avec les journalistes, n'a pas le droit de détenir un ordinateur, et est privé de passeport. Le ministre de l'Intérieur lui a interdit de quitter Israël pendant au moins un an. Mordechaï Vanunu avait saisi la Haute Cour estimant que cette restriction de déplacement portait atteinte à ses droits élémentaires. Il a déclaré : "Je veux aller à l'étranger et commencer ma vie d'homme libre. Si Israël est une démocratie, il devrait m'y autoriser". Le ministre de la Justice, Yosef Lapid, a menacé de le renvoyer derrière les barreaux s'il ne respecte pas les restrictions qui lui sont imposées. ** Le ministère de la Défense a annoncé lundi avoir achevé un projet de modification du tracé de la barrière de sécurité "afin de réduire les conséquences négatives sur les populations palestiniennes et ce en conformité avec l'arrêt de la Cour suprême israélienne (voir notre édition du 1er juillet 2004). Il a annoncé que ce projet sera soumis dès la semaine prochaine au Premier ministre Ariel Sharon et au ministre de la Défense Shaul Mofaz. Selon des responsables de la sécurité israélienne, le nouveau tracé se rapprocherait de la frontière de 1967.

Mercredi 28 juillet 2004 : Le ministre de la Défense Shaul Mofaz a approuvé mardi le nouveau tracé de la "barrière de sécurité" érigée par l'Etat hébreu en Cisjordanie, "afin de réduire les conséquences négatives sur les populations palestiniennes et ce en conformité avec l'arrêt de la Cour suprême israélienne ** La police israélienne a interdit mardi l'accès des Juifs à l'esplanade des Mosquées dans la vieille ville de Jérusalem dans la crainte de "désordres et d'attentats". Des milliers de fidèles étaient réunis au Mur des Lamentations pour les commémorations de "Tisha Be Av", jour anniversaire selon le calendrier hébraïque de la destruction du Temple juif par les Romains en l'an 70.

Jeudi 29 juillet 2004 : Le Premier ministre Ariel Sharon a accueilli mercredi soir à l'aéroport de Tel Aviv un groupe de 200 juifs français émigrant en Israël. Les Français ont indiqué que leur voyage était préparé depuis longtemps et que ce ne sont pas les propos d'Ariel Sharon qui les avaient incités à partir. Le Premier ministre avait appelé le 18 juillet 2004 lors d'une rencontre avec des responsables d'organisations juives américaines, les Juifs de France à "émigrer en Israël aussi vite que possible suite à une montée de l'antisémitisme le plus violent en France" ajoutant "je pense que la vie des Juifs ne peut être réussie qu'ici". Il a également indiqué : "En France aujourd'hui, environ 10 % de la population est musulmane et parallèlement à l'antisémitisme qui persiste en Europe, il y a maintenant là-bas une sorte d'antisémitisme différent, basé sur des sentiments anti-israéliens et sur la propagande". Ses propos avaient déclenché un incident diplomatique entre les 2 pays. Selon les chiffres du gouvernement israélien, 7 024 immigrants sont venus de France depuis 2 000. Pour les 6 premiers mois de 2004, 685 juifs français ont émigré en Israël.



 

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