SOMMAIRE

ISRAEL,
FIL-INFO-ISRAEL ©, ARCHIVES, JUIN 2004



Mardi 1er juin 2004 : Dans un entretien diffusé dimanche soir par la chaîne de télévision britannique BBC, Mordechai Vanunu, "l'espion nucléaire" qui avait dévoilé les détails du programme d'armement nucléaire d'Israël, a expliqué avoir révélé ces secrets pour sauver l'Etat hébreu d'un "nouvel Holocauste". Il s'est expliqué en ces termes : "J'ai pensé qu'il ne s'agissait pas d'une trahison. Il s'agissait de dénoncer. Il s'agissait de sauver Israël d'un nouvel Holocauste. Ce que j'ai fait, c'est informer le monde de ce qui se passait en secret. Je n'ai pas dit 'nous devons détruire Israël, nous devons détruire (le réacteur) Dimona. J'ai dit, voyez ce qu'ils font et faites votre opinion". Plus de détails : Notre édition du 22 avril 2004 ; Mordechaï Vanunu prisonnier d'opinion détenu en Israël depuis 18 ans ; Le cas Mordechaï Vanunu ; Campagne pour la libération de Mordechaï Vanunu.** Les services de sécurité israéliens envisageraient d'incarcérer de nouveau Mordehaï Vanunu. Lors de sa libération, après 18 années passées en prison, les services de renseignements intérieurs lui avaient interdit d'accorder des interviews à la presse. ** Saisie par l'Association pour les droits civils en Israël (ACRI Association for Civils Rights in Israël), après l'incursion sanglante de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés de Rafah dans la Bande de Gaza, la Cour suprême a jugé dimanche que l'armée devait respecter le droit international et s'assurer que les civils palestiniens avaient accès aux soins, à la nourriture, à l'eau et à l'électricité pendant ses opérations dans les Territoires autonomes palestiniens. Fatmeh El-Ajou, juriste de l'Association pour les droits civils en Israël, a souligné que la Cour suprême n'avait pas "explicitement accusé l'armée de violer le droit international". Les juges ont considéré que "l'armée était liée pendant les combats par le droit et la coutume internationaux, les conventions internationales dont Israël est signataire, ainsi que par les lois fondamentales d'Israël". La Cour a également jugé que "l'armée devait garantir une sépulture honorable aux tués, en acceptant notamment le principe de l'inhumation immédiate". Un porte-parole de l'armée a affirmé que Tsahal respecterait cet arrêt. Ndlr. Israël est pays sans constitution, ne pouvant choisir entre un fondement laïc ou religieux. Ce pays "qui ne s'est jamais doté d'une Loi fondamentale constitutive protégeant notamment les droits et libertés, est régi par un ensemble de lois dites "de base" (basic laws) adoptées au fil des décennies par le Parlement, la Knesset (loi du retour, lois sur la nationalité, sur la propriété de la terre, sur le gouvernement, sur l'économie, sur l'armée, etc.)". Plus de détails : Israël est un Etat religieux.

Mercredi 2 juin 2004 : Le ministre des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, a annoncé le report de la visite à lundi qu'il devait effectuer jeudi au Caire en Egypte. Il devait avoir des entretiens avec le président égyptien Hosni Moubarak sur le plan de retrait unilatéral de la Bande de Gaza proposé par le Premier ministre Ariel Sharon et la relance de la Feuille de Route, plan de paix élaboré par les Etats-Unis, l'Union européenne, l'ONU et la Russie, dit "Quartette". ** Un tribunal rabbinique a publié un décret selon lequel les hommes et les femmes ne pourront plus marcher sur le même trottoir de la rue principale de Bnei Brak, dans la banlieue ultra-orthodoxe de Tel-Aviv, la capitale. Selon le quotidien Maariv, des affiches ont été placardées dans la rue du Rabbin-Moïsheh, maître vénéré de l'une des communautés ultra-orthodoxes, concernée par ce décret. "Maariv" souligne que "les hommes devront désormais marcher du côté ouest de la rue tandis que le côté est a été réservé aux femmes, là où se trouvent la plupart des magasins. ** La police a fermé 4 maisons-closes situées dans des appartements dans la banlieue de Tel Aviv. ** Le reporter Shlomi Eldar et le présentateur des informations Eli Rahlin, journalistes de la 10ème chaîne de télévision, Arouts Esser, ont été inculpés mardi pour avoir enfreint la loi de la censure. Ils sont accusés d'avoir diffusé certains détails confidentiels sur l'enquête qui était menée après l'attentat meurtrier perpétré dans le restaurant Maxim, à Haïfa.

Jeudi 3 juin 2004 : 3 membres de la police israélienne des frontières ont été inculpés mercredi par la justice de mauvais traitements infligés à 2 jeunes Palestiniens qui affirment avoir été battus, contraints de manger du gravier et d'embrasser leurs chaussures, une offense particulièrement grave dans le monde arabe. Ils risquent une peine maximale de 14 ans de prison. 9 autres membres de la police des frontières ont été arrêtés. Ils sont poursuivis pour des délits moins graves, a précisé le ministère de la Justice faisant état de soupçons de vol. Le porte-parole de la police israélienne, Gil Kleiman, a déclaré que l'inculpation n'était "en aucune manière révélatrice des actions quotidiennes des membres de la police des frontières au cours de leurs contacts avec des civils palestiniens". Toutes les activités de la police des frontières ont été suspendues mercredi pendant 2 heures au cours desquelles les 4 000 policiers de cette force ont assisté à un cours sur les droits de l'homme et le traitement des civils. Interrogé par Radio Israël, Herzl Shviro, qui dirige le service des enquêtes policières au ministère de la Justice, a estimé pour sa part que les critères de recrutement des membres de la police des frontières devraient être révisés.

Vendredi 4 juin 2004 : L'armée israélienne a empêché Yossi Beilin, ancien ministre israélien de la Justice, et l'un des responsables des négociations secrètes d'Oslo, de participer à une conférence sur l'Initiative de Genève organisée à Jéricho en Cisjordanie pour "des raisons de sécurité". Interrogé par l'ATS (Agence Télégraphique Suisse), un porte-parole israélien a indiqué que le ministre de la défense Shaoul Mofaz avait donné lui-même l'ordre à l'armée d'interdire l'entrée de Jéricho à la délégation israélienne composée d'une cinquantaine de personnes. L'ancien ministre Yasser Abed-Rabo, promoteur palestinien de l'Initiative de Genève a pu se rendre à Jéricho accompagné par Jean-Jacques Joris, le représentant de la Suisse auprès de l'Autorité palestinienne. Déplorant l'absence des délégués israéliens, le diplomate suisse a estimé que l'Initiative de Genève "se joue à deux voix". ** La 3ème "Gay Pride" s'est tenue jeudi à Jérusalem. Une violente campagne d'affiches a été lancée dans toute la ville accusant les "homosexuels d'être des pédophiles". Haggai Elad, le directeur de la "Maison ouverte de Jérusalem", un centre municipal réservé à la communauté des homosexuels et des lesbiennes, a indiqué ne pas se soucier de "telles attaques", rappelant que cette manifestation avait pour but de "revendiquer les droits des gays". Il a appelé "au pluralisme, à la tolérance et à la coexistence dans une ville qui ploie sous le joug des tabous". Malgré l'hostilité que les "gays" suscitent dans les cercles religieux en Israël, l'homosexualité a été légalisée en 1988 et les droits des couples "gays" sont depuis lors reconnus par les tribunaux. Pour beaucoup d'habitants de Jérusalem, ville conservatrice, religieuse et traditionaliste, le défilé des "gays" est un sacrilège. Le rabbin David Batzri, directeur de la Yeshiva kabbaliste Maguen David de Jérusalem a déclaré dans son discours : "Ce n'est pas une maladie ou une déviation mais une totale abomination. Même les animaux n'agissent pas de cette façon. Il n'y a pas de place dans la ville sainte pour un tel phénomène." La Gay Pride internationale se tiendra à Jérusalem en 2005.

Samedi 5 juin 2004 : Pour pouvoir obtenir dimanche la majorité au sein de son gouvernement sur son plan unilatéral de retrait de la bande de Gaza, le Premier ministre Ariel Sharon a limogé 2 ministres de son gouvernement de coalition, Avigdor Lieberman, ministre des Transports, et Benny Eilon, ministre du Tourisme, hostiles à son projet. Ils appartiennent au parti de l'Union nationale (ultra-nationaliste).

Lundi 7 juin 2004 : Le tribunal de Tel Aviv a condamné dimanche Marwan Barghouti, chef du Fatah pour la Cisjordanie, à 5 peines de prison à vie assorties d'une peine de sûreté de 40 ans pour meurtre. A l'annonce du verdict, il a déclaré : "La poursuite de l'Intifada est la seule voie vers l'indépendance. Cette occupation est la pire occupation coloniale que l'humanité ait connue, mais elle se meurt et ils (les Israéliens) feraient mieux de se préparer à ses funérailles". Marwan Barghouti n'a jamais reconnu la compétence du tribunal de Tel Aviv, le considérant comme "un tribunal d'occupation". ** Le cabinet israélien réuni dimanche a voté par 14 voix pour et 7 contre le plan de retrait échelonné de la bande de Gaza diffèrant l'application de ce plan en mars 2005. Un retrait effectif serait prévu à la fin de l'année prochaine.

Mercredi 9 juin 2004 : Après le limogeage d'Avigdor Lieberman et Benny Elon du Parti National Religieux (PNR, ultra orthodoxe), le ministre de la Construction et du Logement, Effie Eitam, leader du parti, et le vice-ministre Itshak Lévy, du même parti, ont annoncé leur démission du gouvernement de coalition du Premier ministre Ariel Sharon pour protester contre son projet de retrait et de démantèlement des colonies juives dans la Bande de Gaza. Au cours d'une conférence de presse Effie Eitam a déclaré : "Ce gouvernement et ce Premier ministre doivent être renversés (...)" ajoutant "ce retrait aboutira à la création d'un Etat terroriste du Hamas dans la Bande de Gaza". La coalition d'Ariel Sharon sort affaiblie par ces démissions avec seulement 59 députés sur les 120 de la Knesset, soit une voix de moins que la majorité. Le Likoud d'Ariel Sharon et son principal partenaire, le parti centriste Shinui comptent à eux deux 55 sièges. Ariel Sharon devra probablement s'allier avec le Parti Travailliste favorable au retrait israélien de la Bande de Gaza. ** Le ministre du Commerce et de l'Industrie Ehoud Olmert a annoncé mardi, lors de l'inauguration d'un nouveau bureau de poste à Netivoth, son intention de fermer la zone industrielle d'Erez, située à l'entrée de la bande de Gaza, et de transférer les usines qui s'y trouvent dans le sud du pays. D'après des renseignements communiqués par le ministère du Commerce et de l'Industrie, 201 usines fonctionnent sur place dont la moitié appartiennent à des Israéliens. Jusqu'à ces derniers temps, ces établissements employaient près de 4 000 ouvriers palestiniens et environ 350 Israéliens. ** Le coût du dédommagement des quelque 2 000 famillles habitant les 21 colonies qui seront démantelées est évalué par le gouvernement à environ 3 milliards de shekels (542 millions d'euros). Chaque famille se verra allouer une somme de 300 000 à 1 million de dollars de dédommagement suivant les cas. Les critères pris en compte pour évaluer ce dédommagement sont le nombre d'années passées dans la Bande de Gaza, le nombre d'enfants, la superficie de la maison et des terrains et le lieu où elle compte à nouveau s'installer. Une somme de 1 à 1,5 milliard de shekels (180 à 270 millions d'euros) sera allouée aux colons juifs qui avaient un commerce, une affaire et qui devront se recycler professionnellement. Le gouvernement recommande aux familles déplacées d'aller s'installer dans les logements construits pour eux dans le Neguev ou dans les localités de Judée-Samarie. Les familles qui accepteront devraient percevoir des indemnités réduites. Le coût militaire de l'opération de démantèlement est estimé à près de 2 milliards de shekels (360 millions d'euros).

Vendredi 11 juin 2004 : Selon la radio militaire et le quotidien "Haaretz", les colons juifs seront "invités" à quitter la bande de Gaza dès le mois d'août prochain suite au plan de retrait unilatéral présenté par le Premier ministre Ariel Sharon et approuvé dimanche par le gouvernement. Le retrait volontaire des colons pourra se faire jusqu'au 1er septembre 2005, date à laquelle seront supprimées les indemnités prévues en compensation de l'abandon des maisons. Après le 14 août 2005, la bande de Gaza sera décrétée "zone militaire fermée" et les colons seront évacués par la force par l'armée jusqu'au 15 septembre 2005. Israël évacuera totalement la Bande de Gaza d'ici octobre 2005 selon un calendrier établi par une commission gouvernementale. Un porte-parole des colons juifs de la bande de Gaza a déclaré que la plupart d'entre eux avaient signé un document par lequel ils s'engagent à ne pas quitter leur maison et à ne pas négocier d'indemnités de départ. Environ 7 800 colons juifs vivent dans la bande de Gaza, parmi 1,3 million de Palestiniens. ** La deuxième chaîne de télévision a révélé mardi soir que les farines pour bébés fabriquées en Allemagne par la société "Humana GmbH" sous la marque Remédia, ne contenaient pas la quantité de vitamines A, E et C indiquée sur leur emballage. En novembre 2003, un scandale avait frappé cette société après la mort de 3 nourrissons et l'hospitalisation d'une vingtaine d'autres, souffrant de beri-beri (carence de vitamine B1). Ils étaient tous nourris au substitut de lait Remédia. Remédia aurait changé la composition de son lait en 2003 pour des raisons liés au cachroute (loi sur les produits cashers). Ce sont ces modifications qui auraient affecté la présence de vitamine B1 dans la composition du lait. Selon le ministère de la santé, ces modifications n'auraient jamais été approuvées par ses inspecteurs officiels. Le ministère de la Santé s'est empressé d'annoncer que ces carences ne constituaient un danger pour la santé des tout-petits. Selon lui, les bébés reçoivent par d'autres moyens ces vitamines et "il n'est pas à craindre qu'un manque soit enregistré" ajoutant que cette campagne "est le fruit d'intentions malhonnêtes de personnes qui veulent mettre en échec notre société, ajoutant que "des écarts entre l'indication figurant sur l'emballage et la véritable quantité sont enregistrés également chez nos concurrents. Il s'agit de vitamines qui sont ajoutées aux produits sans que la loi nous y oblige". Plus de détails : Le communiqué de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé). ** Environ 20 résidents juifs de Jérusalem ont rejoint l'appel de leurs voisins arabes du quartier de Jabel Mukhaber contre l'ordre du ministère de la défense de confisquer les terres de ces derniers pour construire le Mur de séparation. L'appel a été examiné par la Cour d'Appel de Tel Aviv jeudi. Les pétitionnaires juifs, qui ont été joints par les Rabbins Pour Les Droits de l'Homme, habitent les quartiers d'Abu Tor, d'Arnona, de Baka, de Talpiot et de "La Colonie Allemande", qui sont voisins du quartier arabe de Jabel Mukhaber. Le ministère de la défense projette d'exproprier des terres au cœurs de Jabel Mukhaber ce qui aboutira à couper le village en 2 et de le séparer de son quartier sud de Cheik Sa'ad.

Samedi 12 juin 2004 : Un haut fonctionnaire israélien, le directeur du Bureau d'enregistrement de la population, a été limogé pour avoir refusé de délivrer des visas à des membres du clergé et à des bénévoles empêchant le travail sur le terrain des communautés chrétiennes et notamment catholiques. Les responsables chrétiens se sont dits "satisfaits par cette mesure" et "fait une avancée dans la bataille pour l'octroi de visas". Plus de détails : La guerre des visas. ** Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a décidé d'accélérer le calendrier d'évacuation de la Bande de Gaza en proposant aux colons un dispositif d'indemnisation s'ils partent avant la date du 30 septembre 2005 : tout colon qui partira s'installer en Israël pourra percevoir une avance sur ses indemnités de départ. Chaque famille devrait recevoir 300 000 dollars. Un projet de loi en ce sens devrait être proposé dès le mois de juillet à la Knesset. Le coût total de la "délocalisation" des colons et du dispositif de sécurité mis en place autour de la bande de Gaza devrait s'élever à 1,5 milliard de dollars.

Lundi 14 juin 2004 : Les maisons de quelque 7 500 colons qui doivent être évacués de la Bande de Gaza d'ici septembre 2005, conformément au plan de retrait unilatéral adopté la semaine dernière par le gouvernement d'Ariel Sharon, vont être rasées plutôt que de les remettre aux familles palestiniennes, malgré les pressions de l'Union européenne et de l'ONU qui insistent pour que ces bâtiments soient transférés aux Palestiniens.

Mardi 15 juin 2004 : Le Premier ministre Ariel Sharon a évité lundi 3 motions de censure présentées par l'Union nationale, une formation d'extrême-droite dont Ariel Sharon a limogé le 6 juin les 2 ministres pour leur opposition à son plan unilatéral de retrait de la Bande de Gaza, avec 37 voix pour, 22 contre et 31 abstentions. ** Israël a entamé des travaux visant à inclure la colonie d'Ariel, installée au coeur de la Cisjordanie, à l'intérieur de sa barrière de séparation. ** Les services de sécurité israéliens ont annoncé lundi avoir arrêté le 28 mai 2004 un Palestinien de Jérusalem-est, membre du mouvement radical Hamas, qui a révélé au cours de son interrogatoire planifier un attentat contre le bureau du Premier ministre Ariel Sharon à Jérusalem.

Mercredi 16 juin 2004 : Le Procureur général, et conseiller juridique du gouvernement, Menahem Mazuz, a finalement abandonné l'inculpation du Premier ministre Ariel Sharon dans une affaire de corruption connue sous le nom de "l'île grecque" et a classé le dossier. Il a en effet estimé que "les preuves accumulées étaient insuffisantes pour envisager une inculpation". Son fils Gilad, également impliqué dans cette affaire de pots-de-vin, a été blanchi. Dans ses conclusions, Menahem Mazuz a souligné "les rapports souvent troubles entre l'argent et le pouvoir". 2 députés travaillistes ont indiqué qu'ils allaient saisir la Cour suprême. Ils pensent qu'en étant conseiller juridique du gouvernement, Menahem Mazuz, a été influencé dans sa décision par sa fonction. Plus de détails : voir nos éditions du 14 janvier 2004 ; 22 janvier 2004 ; 6 février 2004 ; 29 mars 2004. ** Lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le colonel Danny Tirza, responsable de la planification stratégique de la barrière, a présenté le projet de tracé du mur de séparation qui isolera la Cisjordanie de la ville sainte de Jérusalem. Il a précisé que "la clôture de sécurité s'étirera sur 82 km autour de Jérusalem, et sa construction doit s'achever d'ici à la fin de 2005" ajoutant "dans ce secteur, il y aura 11 terminaux donnant accès à Jérusalem à partir de la Cisjordanie." L'entrée et la sortie des populations palestiniennes seront entièrement contrôlées par l'armée israélienne notamment grâce à des scanners biologiques capables de reconnaître une personne à sa main. Le colonel Tirza a rappelé la nécessité de la construction de ce mur de sécurité : "Depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2000, Jérusalem a été le théâtre de 591 attentats terroristes, dont 29 attaques suicide, qui ont fait 208 morts et 1 624 blessés". Quand elle sera terminée, la barrière en Cisjordanie, et autour de Jérusalem, s'étirera en tout sur 700 km, dont 5 % sous forme de mur en béton, percés de 41 portes qui seront ouvertes 3 fois par jour". Actuellement, 38 recours sont déposés devant la Cour suprême pour demander l'arrêt de la construction.

Samedi 19 juin 2004 : Dans une interview au quotidien de centre-gauche "Haaretz", le président palestinien Yasser Arafat dit avoir "parfaitement" compris la volonté d'Israël de rester un Etat juif. Il se déclare prêt à des compromis territoriaux, comportant des "échanges territoriaux" aux termes duquel les Palestiniens récupéreraient "de 97 à 98 %" de la Cisjordanie et des compromis sur la question des réfugiés indiquant "il est injuste que les chrétiens de Russie aient le droit de venir (en Israël), tandis qu'un chrétien palestinien ne le peut pas".

Lundi 21 juin 2004 : Les députés Yossi Sarid (Meretz) et Eitan Cabel (travailliste) ont déposé dimanche devant la Cour suprême d'Israël un recours contre la décision du conseiller juridique du gouvernement, Menahem Mazuz, également procureur général de l'Etat , dans le classement sans suite du dossier de l'affaire dite de "l'île grecque" dans laquelle sont impliqués le Premier ministre Ariel Sharon et son fils cadet Gilad pour insuffisance de preuves. "La corruption en Israël est aujourd'hui plus dangereuse que tous les Arabes réunis. Une inculpation (de A. Sharon) servirait de mise en garde à quiconque lui succéderait", a affirmé Yossi Sarid ajoutant "le fait qu'il (Menahem Mazuz) ait rejeté la recommandation sans équivoque (d'inculper A. Sharon) de l'équipe professionnelle la plus qualifiée dans le domaine des affaires criminelles du bureau du procureur, met en lumière l'invraisemblance de sa décision et suscite de fortes présomptions quand aux considérations qui ont été les siennes".

Mardi 22 juin 2004 : 2 motions de censure ont été déposées lundi contre le Premier ministre Ariel Sharon. L'une par le parti ultra-orthodoxe Shass, portant sur la politique sociale du gouvernement et de la montée du chômage, a été rejetée par 55 voix contre 50, sur les 120 que compte la Knesset. La seconde présentée par le parti de gauche Meretz et des députés arabes, portait sur la construction en cours d'un segment de la barrière autour de la colonie juive d'Ariel au coeur de la Cisjordanie occupée. Elle a été rejetée par 55 voix contre 15 et 28 abstentions. Le Parti travailliste a permis l'échec de ces motions. Il a réclamé le portefeuille des Finances pour son soutien dans le nouveau gouvernement d'Ariel Sharon qui doit s'allier aux Travaillistes s'il veut obtenir la majorité au Parlement.

Mercredi 23 juin 2004 : L'ambassadeur américain Dan Kurtzer à Tel Aviv a appelé Israël à démanteler les colonies sauvages créées depuis mars 2001 et à geler la colonisation, conformément aux engagements pris en juin 2003 au sommet d'Aqaba en Jordanie par le Premier ministre israélien Ariel Sharon. ** Le journaliste américain Seymour Hersh a accusé lundi, dans un article publié par le magazine "The New Yorker", les autorités israéliennes d'avoir dépêché des commandos dans le nord de l'Irak pour entraîner des peshmergas kurdes. Un ancien responsable des services de renseignements israéliens également cité par le New Yorker a indiqué que "en s'associant aux Kurdes, Israël s'offre des yeux et des oreilles en Iran, en Irak et en Syrie." Des agents israéliens auraient pénétré en territoire iranien avec des commandos kurdes pour y installer divers appareils destinés à contrôler l'activité d'installations nucléaires suspectes. Un porte-parole de l'ambassade d'Israël aux Etats-Unis a qualifié cet article "d'histoire tout simplement fausse".

Jeudi 24 juin 2004 : La radio publique a annoncé mardi que les Etats-Unis ont interdit aux "sociétés israéliennes de répondre directement à des appels d'offres en vue d'assurer la sécurité aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008" exigeant qu'elles soient "obligatoirement sous-traitantes de grandes compagnies internationales". Ehud Olmert, ministre du Commerce et de l'Industrie, effectue actuellement une visite officielle en Chine. Il dirige une délégation de 200 personnes, dont de nombreux hommes d'affaires israéliens experts des télécommunications, de la biotechnologie, de l'environnement, de l'agriculture et de la sécurité. Selon ces derniers, cités par la radio, "les industries de pointe israéliennes espèrent s'associer à de grandes sociétés internationales pour pouvoir contourner les limitations sur les ventes de produits sécuritaires comportant des composantes ou du savoir-faire américains". Ehud Olmert a indiqué que "la Chine sera le marché recherché prioritairement par Israël pendant la prochaine décennie." Le volume des échanges bilatéraux sino-israéliens a atteint 1,8 milliard de dollars (1,49 milliard d'euros), en augmentation régulière de 20 % par an. ** Lors d'une réunion à huis clos qui s'est tenue jeudi, le Premier ministre Ariel Sharon a déclaré : "Arafat ne quittera pas la Moukataa ces 45 prochaines années". Le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, âgé de 74 ans, est assigné à résidence depuis décembre 2001 dans son quartier général à Ramallah. Les médiateurs égyptiens sur le projet de retrait israélien de la Bande de Gaza souhaitent qu'Israël rende à "Yasser Arafat sa liberté de mouvement".

Vendredi 25 juin 2004 : La compagnie aérienne nationale El Al a suspendu jeudi ses vols à destination de la Turquie en raison, selon les medias israéliens, d'un désaccord avec les autorités turques sur la sécurité à l'aéroport international Attaturk d'Istanbul.

Lundi 28 juin 2004 : Un haut responsable a qualifié de "grave erreur" la rencontre entre Yasser Arafat et le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, mardi. ** Le vice-ministre israélien de la Défense, Ze'ev Boim, a déclaré dimanche lors du Conseil des ministres que "dans les zones où passe le mur de séparation, les pénétrations terroristes sont réduites à zéro". Le Mur de Sécurité, qualifié de "mur de l'apartheid" par l'Autorité Nationale Palestinienne, est un projet très controversé. D'une longueur totale de 730 km une fois achevé, l'édification de ce mur est l'un des projets les plus coûteux jamais réalisé par Israël d'un montant estimé à 3,4 milliards de dollars. Ces ouvrages sont censés empêcher les attaques palestiniennes en Israël et contre des colonies juives. Les autorités israéliennes espèrent terminer avant fin 2005 les travaux lancés en juin 2002.

Mardi 29 juin 2004 : A Jérusalem, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a déclaré lors d'une réunion à huis clos avec des parlementaires lundi qu'il avait décidé d'accélérer l'évacuation des colons juifs de la Bande de Gaza.

Mercredi 30 juin 2004 : Le ministre de la Défense, le général Shaul Mofaz, a annoncé mardi qu'il annulait une visite qu'il devait effectuer jeudi en Italie en raison de la situation sécuritaire qui se dégrade. ** Dans une interview à la télévision américaine en langue arabe Alhurra, le ministre israélien des Affaires étrangères Sylvan Shalom a affirmé que son pays "souhaitait établir des relations diplomatiques avec l'Irak mais que c'était à ce dernier de décider".



Retour Israël


Retour sommaire Israël 2004


Retour sommaire





QUOTIDIEN
INDEPENDANT

( ! ) Liens en bleu
CONDITIONS D'UTILISATION



> Retour à l'index ?
> Fil info par email ?
> Fil info sur votre site ?
> Rechercher sur ce site ?

HIER PASSIF ?
AUJOURD'HUI ACTIF !
DEVENEZ CORREPONDANT
de PRESSE (bénévole)
Vous disposerez
librement
de votre page Internet...
Voir conditions
d'obtention
de la carte :
ICI

- Publicité -




 
Rappel : ces deux signes «» placés en bas de chaque page vous permettent de naviguer d'un numéro à un autre.